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Schleicher K-8 |

Rudolf KAISER [1922-1991] |
En 1957, la créativité de Kaiser permettait à la firme Schleicher de présenter une gamme de planeurs susceptible de satisfaire toutes les clientèles. Seul le créneau constitué par le planeur monoplace de début et d'entraînement était encore inoccupé. En fait le marché ouvert à cette catégorie de machines était resté longtemps encombré par des planeurs rustiques conçus avant-guerre et dont la construction avait été reprise à partir de 1951. Ces planeurs, qui eurent le mérite de permettre le redémarrage du vol à voile allemand, se révélèrent bientôt totalement
dépassés tant sur le plan des performances que sur celui des qualités de pilotage. Les vélivoles allemands en vinrent alors à demander à leurs constructeurs de concevoir une machine moderne, simple et robuste, capable d'assurer la transition entre l'école de début et le vol de
performance. Ainsi naquirent le Spatz de Scheibe puis le K-8 chez Schleicher. |
Note préliminaire : on trouve diverses écritures de type selon les sources : KA-8, K8, K-8, KA 8...
Pour être cohérent nous n'utiliserons qu'une seule écriture. Mais laquelle choisir ?
Sur le site du constructeur [7] nous pouvons lire : "With the K 7, the single capital K was introduced instead of the “Ka” for Kaiser". Considérant que l'on ne puisse trouver information plus fiable que celle provenant du constructeur lui-même, nous adopterons donc la notation : K-8 (et K-8B, K-8C) |
K-8 |
Kaiser entreprit donc de transposer les particularités aérodynamiques qui avaient fait la réussite du Ka-6 sur une machine fortement simplifiée qui serait caractérisée par la solidité de sa structure et l'agrément de son pilotage. |

Prototype du K-8, avant immatriculation. La verrière est emprunté à un Ka-6 [2] |
Dans cette optique, le K-8, qui fut étudié durant l'année 1957, reprend un dessin général assez proche de celui du Ka-6 tout en présentant une conception structurelle radicalement différente :
- le fuselage est constitué par un treillis de tubes d'acier soudés habillé à l'avant par une coque en stratifié et profilé tout au long du fuselage par des lisses de bois ; l'ensemble est entoilé. Le poste de pilotage est recouvert par une verrière articulée sur le côté droit du fuselage et
constituée d'un plastron en tôle mince sur lequel est fixé une petite bulle en plexiglas moulé. Le train d'atterrissage comprend un patin en frêne amorti, une roue fixe semi-encastrée de 300 mm de diamètre et une béquille en acier placée à l'étambot ;
- la voilure présente en plan une forme en double trapèze avec un bord d'attaque sans flèche. La surface de l'aile est accrue de 1,75 m2 par rapport à celle du Ka-6 tandis que le choix du profil marque un retour au vieux Gö 533 ; ces deux éléments montrent une volonté délibérée de sacrifier quelque peu les performances au profit des qualités de vol aux basses vitesses. La structure de l'aile réalisée entièrement en bois demeure très classique : un longeron unique forme avec le coffrage de bord d'attaque un caisson de torsion, les nervures sont construites en treillis de baguettes de spruce, les aérofreins du type Schempp-Hirth sortent à l'intrados et à l'extrados ;
- les empennages sont constitués de plans fixes coffrés en contre-plaqué et de surfaces mobiles entoilées. Les timoneries de commandes sont rigides pour la profondeur et les ailerons et souples pour la direction.
Le 5 novembre 1957 (ou le 27 novembre ?), le premier K-8 (numéro d'usine 351) volait avec Hans-Günther Heinzel de l'école de pilotage de la Wasserkuppe "on stick". Le 27 mai 1958 déjà, Schleicher reçut l’homologation de type du K-8, délivrée par le laboratoire d’essais de l’aviation du DVL d’Essen.
Il fut construit à 6 exemplaires seulement.
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K-8B |
En effet, les essais du K-8 montrèrent immédiatement une insuffisance d'efficacité au niveau des ailerons.
Très vite, Rudolf Kaiser et Alexander Schleicher proposèrent le K-8B, différent principalement du K-8 par des ailerons élargis, augmentant leur surface, l'installation d'un compensateur de profondeur et l'ouverture sur le plastron de la verrière de fenêtres destinées à améliorer la visibilité (de fait, malgré la position assise droite, la visibilité n'était pas bonne en particulier vers le bas.
Plus tard, de nombreuses K-8B ont été équipés d'une verrière moulée, plus panoramique, améliorant la visibilité dans toutes les directions..
Le K-8B qui fit son premier vol en mars 1958 fut produit jusqu'en 1976.
Le K-8B fut produit jusqu'en 1976. 1 180 exemplaires furent construits, soit de façon industrielle par Schleicher et sous licence par Schempp-Hirth, soit à partir de kits préfabriqués. |

K-8B [1]
Petite fenêtre percée sur le plastron de la verrière pour améliorer la visibilité vers le bas.
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K-8B Plans 3 vues |

Dessin de Richard Ferrière [4] |

Dessin de Hans-Jürgen Fischer [2] |

Dessin de Peter Selinger (?) [1]
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Dessin de Vince Cockett, via Vuelo y Vela [13] |

Dessin M. Münch, site Schleicher [5] |

Plan coté de la structure du fuselage |
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K-8B Specs |
Envergure |
15 m |
Masse à vide |
190 kg |
Longueur fuselage |
7 m |
Masse maximale |
310 kg |
Hauteur |
1,57 m |
Charge alaire maxi |
21,9 kg/m2 |
Surface alaire |
14,15 m2 |
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Allongement |
15,9 |
Vitesse maximale |
200 km/h |
Profil |
Gö 533 / 532 |
Vitesse minimale |
54 km/h |
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Vitesse de manoeuvre maxi |
130 km/h |
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Finesse maxi |
27 à 73 km/h |
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Taux de chute mini |
0,65 m/s à 60 km/h |
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Profil Göttingen 533 |
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K-8B Polaire |

[5]

[11] |
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K-8C |
La dernière version du K-8 fut le modèle C qui fit son apparition en 1974. Le 18 avril 1974, l'Office Fédéral de l'Aviation de Brunswick autorise la production du K-8C. Il se différentiait de la version B par
-
un agrandissement des coffrages de l'aile, lui donnant une plus grande rigidité, et la construction des aileronss en métal
-
un nouvel aménagement du poste de pilotage,
-
une grosse roue de 380 mm de diamètre disposée en avant du centre de gravité,
-
un patin de longueur réduite,
-
et par des empennages agrandis.
Explicitement, la brochure de l'échantillon indique l'interdiction de voltige pour tous les K-8. Le vol en nuage est, voire pas du tout seulement autorisé pour un tel K 8 de toutes les séries avec bouchon.
A la cessation de la production, en mai 1976, en faveur de ASK-18 beaucoup plus performant, Schleicher avait livré douze K-8C. |

K-8C. On ne distingue malheureusement pas le patin sur cette photo [1]
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K-8 modifiés |
K-8B Torpedo (ou Cabrio) |
Certains K-8 ont été transformés en torpedo, avec des cockpits plus ou moins ouverts. En voici deux exemples très différents. |

Ici seule la partie supérieure de la verrière a été enlevée [1] |
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D-0209 - Un autre K-8 torpedo [21] |

Un dernier avec un cockpit très ouvert : D-6028 [10]
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K-8 motorisés |
K-8B Stihl |
Dans les années 1970, divers essais de motorisation de planeurs ont été réalisés, et le K-8 n'a pas été en reste.
La première motorisation d'un K-8 est due à Eckard BRUNS, de Münster (premiers essais le 28 avril 1966 ?), qui a utilisé un moteur de tronçonneuse Stihl Sk 120-FL. Avec une cylindrée de 95 cm3 ce moteur développait une puissance de de 4,8 kW (6,5 CV) à 6000 tr/min. Le réservoir de 10 litres était suffisant pour 2,5 heures, permettant un vol de plus de 200 km.
Le K-8B Stihl ne pouvait pas décoller seul, la motorisation permettait seulement de faciliter la recherche des thermiques ou de prolonger la durée d'un vol.
À plein régime, le K-8B Stihl montait à 0,67 m/s à 70 km/h. |
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Moteur Stihl Sk 120-FL -Musée de la Wasserkuppe |
En 1976, une trentaine de K-8B avaient été convertis en motoplaneur Stihl. En 1966, la transformation avait coûté 1 450 DM (valeur nominale d'environ 730 euros). Eckard BRUNS rapporte aussi que deux K-8B ont été équipés de deux moteurs chacun. |
K-8B "Stihl" [1] |
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K-8B KM48 D-KOBC |
Un essai du même genre fut réalisé en 1967 par von BOMHARD qui adapta sur un K-8 de série un petit moteur Wankel (moteur dit "rotatif") juché au sommet d'un pylône démontable. Ce moteur du type KM 48 était fabriqué par Fichtel et Sachs. Pour un poids de 8,5 kg et une cylindrée de 160 cm3, il développait 7,4 kW (10 CV) à 4500 t/mn en entraînant en prise directe une hélice propulsive de 80 cm de diamètre. Ainsi équipé le K-8B/KM 48 avait 2 heures d'autonomie à 95 km/h, une vitesse ascentionnelle de 0,6 m/s mais ne pouvait décoller par ses propres moyens. L'expérimentation de ce prototype, malgré l'enthousiasme qu 'elle suscita à l'époque, n'eut pas de suite en raison de difficultés rencontrées dans la mise au point des moteurs Wankel. |
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[Musée de la Wasserkuppe] |
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K-8B 2M D-KOFO |
Heinrich HENNIG a choisi une solution sensiblement différente. Avec ses élèves de l'école professionnelle aéronautique de Detmold il a pu motoriser un K-8B et le rendre autonome. Dans un premier projet il a installé dans chaque aile un moteur Stihl SK 120-137FL avec une hélice propulsive tournant dans une fente percée dans l'aile. Ce prototype a été désigné K-8B-2M (et immatriculé D-KOFO).
Le 13 juillet 1968, le K-8B 2M D-KOFO a décollé pour la première fois, mais l'envol autonome était juste possible. Malheureusement le bruit était très fort, au-dessus des normes de cette époque. |

K-8B 2M [1] |
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K-8B Lloyd |
HENNIG poursuit ses essais. Il remplace les deux petits moteurs Stihl par un moteur Lloyd LS 400 de 14,7 kW (20 CV) qu'il place dans l'aile droite, l'hélice tournant dans une fente étant toujours propulsive. Cela donne le K-8B Lloyd, qui vole le le 21 Mai 1972.
Après beaucoup de travaux d'optimisation, le bruit avait pu être réduit à un niveau supportable. En 1973, son pilote, K. LAUMANN, remporte le 4ème concours allemand de motoplaneurs (à Burg Feuerstein, DE) dans la classe III, devant 12 participants. |

[1] |
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[Wasserkuppe] |
Heinrich HENNINGS poursuit ses recherches pour diminuer le niveau de bruit de la motorisation. Il imagine de coupler deux ou trois hélices à 2 pales sur un même axe, tournant en sens contraires. Mais cette idée n'aboutira pas et les K-8B ne voleront qu'avec des hélices à 2 pales.. |
K-8B OK-CUO 11 |

Un autre K-8 motorisé, dans la région de Prague [8] et [16]
Le pylône n'est pas rétractable. Noter le montage de la roue avant |
K-8 Jet |

Rafael Angel et son K-8B motorisé [août 2019] |
Rafael ANGEL, pilote francomtois, nous fait part de sa réalisation, qu'il a dénommé K-8 Jet [ou K-8J] :
""
L'appareil est enregistré comme ULM Classe 3.
[Infos du 31 décembre 2018]
Vidéo [3' 54''] du premier décollage. |

Le K-8B motorisé de Rafael ANGEL à Pontarlier.
Le réacteur KingTech K310G |
12 août 2019 - Rafael nous donne des nouvelles de son K-8 Jet :
[Direction de la Sécurité de l'Aviation Civile] |

Le K8-Jet équipé de son nouveau groupe motopropulseur (réacteur remplacé par un turbopropulseur - Rassemblement RSA 2019 (Brienne le Château) |

Le turbopropulseur KingTech K-100TP |
K-8 en France |
Une interrogation des registres de la DGAC [Direction Générale de l'Aviation Civile] donne 37 K-8B encore immatriculés en France (en octobre 2018), et 2 K-8 : F-CJMA n° 519 [anciennement D-3570] exploité en Bretagne (Ploermel-Loyat) depuis plus de 10 ans, et F-CVAL (n° 514) à Laval-Entrammes.
[Info Jean Michel ABIVEN, 10/01/2021] |
F-CHSF (Romanin les Alpilles) |

Romanin les Alpilles - 2003 [photos Vincent Besançon] [6] |
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Notons la verrière personnalisée et les AF intrados- extrados
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F-CEGB (Grenoble - Le Versoud) |

F-CEGB [20] |
F-CEJC (Nancy-Malzéville) |

[photo Antoine Godbillot, 2006] |
F-CEJS (Belfort-Chau) |
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RNPA Dédale 2014 à Belfort-Chau [photo ClaudeL, 2014] |
F-CHME (Puivert, Aude) |
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F-CHME à Puivert (Aude, FR) []
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F-CPQB (Puivert, Aude) |

F-CPQB (Aude, FR) [] |
F-CPOE (Puivert, Aude) |

F-CPOE, derrière F-CHME, un autre Ka-8 du club (Aude, FR) [Photo Michel Coneuf] |
D-4315 (La Montagne Noire) |

[Photo Sylvain Godbillot, 2005] [19] |
K-8 autour du monde |
Plus de 450 K-8 encore existant et en état de vol avaient été recensés par le Centre de Vol à Voile de Saint-Florentin Chéu il y a quelques années : un vaste choix de décorations pour un maquettiste ! Malheureusement lors de la refonte du site, ces pages ont disparu.
Une quarantaine de photos de K-8 sont visibles sur le site Die Ka8 Fan Page [11]
On trouve aussi ligne, sur le site RCawsey, la liste exhaustive (?) de production des K-8 [12]. Cette liste n'est pas illustrée.
Ci-dessous quelques K-8 pour lesquels nous avons plusieurs photos ou des infos supplémentaires. |
HB-880 (Suisse) |
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En 2017 sont membres de l'OSV (Suisse) les K-8 suivants : [14]
[F = Flugfähig / Flugbereit, en état de vol]
HB-671 |
Schleicher K 8B |
1959 |
F |
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Stapfer Kurt |
HB-695 |
Schleicher K 8B |
1961 |
F |
|
Fessler Thomas |
HB-701 |
Schleicher K 8B |
1961 |
F |
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Grundbacher Lilly-Annemarie |
HB-765 |
Schleicher Ka 8 |
1964 |
F |
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SG Oberaargau |
HB-846 |
Schleicher Ka 8b |
1965 |
F |
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Schindler Peter |
HB-880 |
Schleicher Ka 8b |
1967 |
F |
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Brunett Andri |
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Beat GALLIKER de l'association IG Albatros a photographié les 3 K-8 suisses suivants [15] |
Ka 8b HB-701 (31 photos)
Ka 8b HB-765 (17 photos)
Ka 8b HB-880 (20 photos)
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PH-1206 (Hollande) |
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From Eric Munk [VGC News 148, Winter 2016]
"" |
K-8B D-4011 |

D-4011 SFG "IlSa" Marpingen (DE) [2] [17] |
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Sources documentaires |