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L'Hélica L-19 "Montlhéry" (1927)
Ou Leyat L-19
 


[Genty]

M. Leyat est un inventeur-né. Toujours à la recherche de nouveautés sensationnelles, il est à l'avant-garde du progrès, défrichant sans relâche. Un silence de sa part ne veut pas dire qu'il se repose, mais bien au contraire qu'il travaille ! Ainsi, après quelques mois de calme, voici une nouvelle voiture-avion, due à ce chercheur obstiné, qui vient de faire brillamment son apparition dans le monde. Apôtre fervent de l'hélice aérienne comme mode de propulsion des véhicules terrestres, M. Leyat avait songé à établir un avion qui, débarrassé de ses ailes, pourrait se déplacer à grande allure sur les routes, sans adjonction de mécanismes supplémentaires. Un appareil d'études, muni d'un moteur de voiturette, entièrement de série et développant une puissance de 38 CV fut construit dans l'atelier-laboratoire de Meursault, près de Beaune.
Après quelques essais effectués sur l'aérodrome, l'appareil, sans ses ailes, se rendit par ses propres moyens de la Côte-d'Or à Linas-Montlhéry, ce qui représente une promenade de 350 kms. Arrivés à l'aérodrome, devant MM. Grimault et Suffrin, représentants le S.T.Aé., des essais de vitesse furent tentés. Sur la piste de vitesse, avec à son bord MM. Leyat, pilote, et C. Maizière, mécanicien, les 170 kms à l'heure furent facilement atteints et cela, avec une consommation qui ne dépassa pas 8 litres aux 100 kms alors que, jusqu'ici les meilleurs « racers » de course, surcomprimés, exigeaint une consommation de 24 à 30 litres aux 100 kms. Devant ces résultats et sans attendre les essais définitifs de l'avion de tourisme de 38 CV, un nouvel appareil de 240 CV fut commandé. Le progrès technique réalisé, en dehors de la nouveauté d'un avion qui tient la route comme une voiture de course, est considérable puisque, paraît-il, il permettrait d'atteindre le cap des 400 kms à l'heure avec un simple moteur de 240 CV, alors que le record du monde actuel en automobile n'est que de 328 kms en utilisant plus de 1.100 CV. De telles perspectives promettent des résultats intéressants et il ne faut pas s'étonner si le pilote Drouhin est venu spécialement examiner le nouvel avion Leyat et s'est montré fort impatient de pouvoir l'essayer.
[1]

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L'appareil sans voilure sur l'autodrome de Montlhéry alors qu'il effectuait ses essais de vitesse, les 7 et 8 septembre 1927.
Il atteignit le chiffre de 170 km à l'heure et ces expériences permirent des mesures précises de résistance en vraie grandeur
[Doc 027] L'Aérophile 1er mars 1928]

Les essais


[Les Ailes 1928-02-23]

[Doc 064] Le Trait d'Union Les constructeurs français – 1919-1945 (73) LEYAT Par Charles CLAVEAU
Rubrique mensuelle dans Le Trait d'Union n° 229 p 49-57 Extrait de l'article « L'auto-avionnette L-19
» … Les 7 et 8 septembre dernier (1927), le fuselage-voiture, monté par deux personnes, pesant 250 kg à vide et 400 kg au total, est venu, par la route de Meursault à Paris, ce qui représente 350 km. La consommation fut de 5 litres au 100 km. Les essais de vitesse faits à l'autodrome de Montlhéry, devant MM. Grimault et Suffrin, ingénieurs du S.T.Aé., révélèrent une vitesse de 170 km/h. Au cours de ces expériences, l'appareil était muni d'un moteur ABC 25 CV (soit 8 CV en langage automobile). …

[Doc 094]
" En 1927, Leyat établit un record de vitesse à 170 km/h sur l'anneau de Montlhéry qui est en fait le fuselage d'un avion qu'il veut tester. Ce prototype vient par la route, de Meursault à Montlhéry. L'avion utilisant ce fuselage volera sur le terrain de Beaune. "

[Doc 081 Courau] photo p 176 à ajouter
Mon hélice au pays des merveilles, page 195 "... Ces incursions dans un domaine parallèle à ses techniques habituelles [Courau vient de parler de la méthode de musique inventée par Leyat] - sinon à ses goûts, car il était mélomane averti - ne ralentissaient pas Leyat dans ses études courantes. Il ne cessait d'alléger, caréner, affiner l'Hélica en vue de sa double finalité roulante et volante. Le 7 septembre 1927, il essaya sur l'autodrome de Montlhéry un type particulièrement bienvenu qui, muni du même moteur de 8 CV que la D.21 du Conservatoire [l'Hélica de Gustave Courau], porta la vitesse à 170 km/h avec une consommation d'essence ne dépassant pas 6 litres aux 100 kilomètres. "

Genty 2022 p 158-166 (6 photos)

L'Aérophile 1-15 mars 1958

Moteur 2 cylindres à plat, refroidissement par air.


Un modèle réduit (échelle et constructeur inconnus) exposé au salon Rétromobile 2013 à Paris
Sources documentaires

[1] Le nouvel avion-voiture Leyat, Les Ailes n° 349 23 février 1928 [Doc_028]
[2] Le nouvel avion-voiture Leyat, L'Aérophile 1ier-15 mars 1928 [Doc_027]
[3] Les voitures à hélice Leyat, Clément Genty, Antiques Autos, 2022 [Doc_201]


Page créée le 28/03/2024, dernière modification 29/03/2024
Des vieilles toiles aux planeurs modernes © ClaudeL 2003 -