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Sesquiplan L-20 (1929)
 
Le Leyat-19, qui faisait l'objet d'un contrat avec le Service Technique de l'Aéronautique (STAé), avait fait l'objet, à Villacoublay, 'aux mains d'ESPANET, le chef-pilote de Nieuport, le L-19 entame en 1929 d'un programme d'essais qui avait démontré qu' il se stabilise automatiquement. Mais il prouva aussi à son concepteur la nécessité d'abandonner le «train» tricycle du véhicule routier pour un atterrisseur monotrace.
Leyat ramène l'appareil à Meursault et entame une profonde modification de cette machine.

"... Ce sera le L-20 de 1929.
Celui-ci reprend le fuselage du L-19 au retour du prototype de Villacoublay à Meursault, cru célèbre à 7 km de Beaune où Marcel Leyat a choisi d'implanter son atelier. De monoplan qu'il était en L-19, l'avion devient sesquiplan en L-20 pour s'accomoder de l'aérodrome local et des vignobles qui l'environnent.

Il s'en accommode d'ailleurs si bien que, sur une longueur de 300 m seulement, il parvient à décoller, à monter à 8 m du sol puis à atterrir plein gaz, sans même que son pilote ait eu à arrondir pour le poser !
« L'objet de cette expérience, dit Marcel Leyat, était de simuler un contact avec le sol par temps de brouillard épais, de prouver l'incapotabilité de l'engin et l'efficacité du frein sur la roue avant. Le frottement sur le sol n'a pas dépassé 15 m…
Le L-20 fut l'objet d'un grand nombre d'essais qui montrèrent la supériorité du système monotrace pour les petits avions. Il pouvait tourner au sol à grande vitesse sur une circonférence de 50 m de diamètre après avoir pris sa vitesse dans un cercle de 25 m grâce à la possibilité de pencher à l'intérieur du virage comme une motocyclette.
En diminuant l'envergure du plan inférieur, en augmentant la hauteur du fuselage sur le sol, on peut certainement envisager des départs en rond à l'intérieur d'un cylindre de petit diamètre ; l'avion peut rouler très incliné à l'intérieur du virage car il ne craint pas le dérapage. »

Voici qui, à défaut de réjouir les chambres de commerce gestionnaires des longues et coûteuses pister de nos aérodromes, ira du moins droit au cœur des pilotes privés payeurs de taxes d'atterrissage !

Les tristes dessous de dame Aviation
Hélas, l'aventure du L-20 va tourner court de mesquine façon. A la suite des essais de 1929, le STAé laisse entendre à M. Leyat que le budget ni les crédits alloués à l'aéronautique ne permettent de créer une firme supplémentaire pour le seul développement de sa formule. On lui conseille d'entrer chez l'un des avionneurs déjà en place.
En 1931, donc, nous le retrouvons chez Lioré & Olivier.
" [4]


Sesquiplan L-20 [1]

"La photographie ci-dessus représente l'appareil qui a servi à mettre en évidence les résultats essentiels suivants :

1°) Identité des réflexes en vol et au sol. Un amateur s'asseyant pour la première fois dans un appareil aérien, s'il n'a pas été déformé par la pratique d'un autre avion, conduit correctement au sol, et apprend à voler seul, sans danger en moins d'une heure de totalisation ;

2°) La maniabilité au sol de cette machine s'est montrée telle que des virages corrects ont pu être réussis à la vitesse de vol sur un rayon de 45 mètres, malgré un fort vent ;

3°) L'arrêt à l'atterrissage, sous l'angle de vitesse maximum, a pu se faire sans redressement du pilote, en moins de 17 mètres ;

4°) Des décollages ont été effectués sur le terrain de Beaune, de la façon suivante : le départ étant pris vent arrière, l'Hélica effectue un virage court, incliné à l'intérieur du virage comme une motocyclette, quelle que soit la violence du vent, et décolle en entrant vent debout. Cette manoeuvre s'effectue sur une bande de terrain de 100 m sur 40 située perpendiculairement au vent et trop réduite pour qu'aucun avion puisse y prendre le départ." [2]

Dn


 

[Doc 073]
La Nature 1er décembre 1932 L'AVIONNETTE HÉLICA
Nous dirons tout d'abord quelques mots de l'avionnette « Hélica ». Dans les avions usuels, tous les éléments sont rigidement solidaires les uns des autres, et les déformations nécessaires à la conduite des appareils sont introduites uniquement par le jeu des organes de gouverne, seules pièces mobiles. Dans l'avionnette Leyat , l'aile est rendue indépendante du fuselage, de façon qu'elle se présente dans le vent relatif sous une incidence eonstante. Cette incidence est commandée non plus par le fuselage, mais par un petit gouvernail de profondeur solidaire de la cellule mobile. L'aile est ainsi indépendante du fuselage; l'inertie longitudinale, toujours considérable, de celui-ci n'a plus d'effet sur l'orientation de l'aile, qui conserve fidèlement l'angle d'attaque que lui impose son gouvernail de profondeur. L'avionnette « Hélica » a été expérimentée, en vol à Beaune et a donné les résultats suivants. 1°) Identité des réflexes en vol et au sol : un amateur s'asseyant , pour la première fois, dans un appareil aérien, s'il n'a pas été déformé par la pratique d'un autre avion, conduit correctement au sol et apprend à voler seul et sans danger en moins d'une heure de totalisation. 2°) La maniabilité au sol de cette machine s'est montrée telle que des virages corrects ont pu être réussis à la vitesse de vol, sur un rayon de 45 m malgré un fort vent. 3°) L'arrêt à l'atterrissage, sous l'angle de vitesse maxima, a pu se faire sans redressement du pilote, en moins de 17 m. 4°) Des décollages ont été effectué. sur le terrain de Beaune, de la façon suivante : le départ est pris en vent arrière, l'Hélica effectue un virage court, incliné à l' intérieur du virage comme une motocyclette, quelle que soit la vitesse du vent et décolle en entrant vent debout. Cette manoeuvre s'effectue sur une bande de terre de 100 m sur 40, située perpendiculairement au vent, sur une bande si réduite qu'aucun autre avion n'eût pu prendre le départ. "


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Sources documentaires

[1] L'avionnette et le planeur Leyat, La Nature, décembre 1932 [Doc_073]
[2] Les dernières machines volantes de Marce Leyat, L'Aérophile,novembre 1932 [Doc_044]
[3] Les dernières machines volantes de Marce Leyat, Le Trait d'Union n° 229 [Doc_064]
[4] A l'aube de l'aviation : Marcel Leyat, par Alain-Yves Berger, Pilote Privé n° 79, 5 juillet 1980 [Doc_111]
[x] Lt, C2 [Doc_xxx]


Page créée le 29/03/2024, dernière modification 30/03/2024
Des vieilles toiles aux planeurs modernes © ClaudeL 2003 -