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Les "Cobra" de C. Chauzit
Si vous lisez cette page et si vous avez des informations sur le Cobra [photos, plans, références d'articles, souvenirs personnels, etc] nous vous serions reconnaissants de nous contacter afin d'enrichir ce texte [Contact en page d'accueil] et vous en remercions par avance.
Le vol de pente avec des planeurs radio-commandés spécialement adaptés semble avoir été initié, en Europe, par des modélistes britanniques dans les années 1960.

En fouillant dans ma (très maigre, juste quelques numéros) collection d'Aero Modeller, je suis tombé, dans le numéro 363, d'avril 1966, sur un article écrit par James H. OSBORNE, intitulé :

James H. Osborne describes his experience with Wizard of Oz a 4 ft. simple glider for radio controlled soaring

Avant de présenter son planeur, le Wizard of Oz, il y raconte qu'il pratique le vol de pente RC depuis 1962 et nous explique comment exploiter les ascendances dynamiques sur une pente.

Le Wizard of Oz, très compact et bien adapté aux pentes fortement ventées, a une envergure de 4 pieds [122 cm]. Seule la direction était commandée par un sytème à échappement. [5]


Wizard of Oz [Aero Modeller n° 363, avril 1966]

En France, de ce que nous en savons, les premiers planeurs spécialement dessiné pour le vol de pente RC furent les Cobra et Chouca, à partir du printemps 1968. Christian CHAUZIT a bien volontiers rassemblé ses souvenirs de cette riche époque, et je l'en remercie bien vivement.
Dans cette page les textes en gras sont des citations de Christian CHAUZIT lui-même, ou des extraits d'articles qu'il a écrits..
[Pour les Choucas, voir la page "La Saga du Choucas"]


NAISSANCE DU COBRA

Christian CHAUZIT lui-même nous raconte comment est né le Cobra : [1] [2]
"J'ai connu Robert en 1967, à Menton, où je faisais mon service militaire. On est rapidement devenus amis, je déjeunais souvent chez lui et je me souviens bien de son épouse, à la fois très gentille et excellente cuisinière. Robert faisait de la vente par correspondance et je lui dessinais ses catalogues et publicités. Une fois libéré, en avril 68 et sans travail, je continuais pour lui et pour me faire un peu de sous.
Un jour, il a eu une idée en lisant une revue Anglaise (Aeromodeller, je crois), et en regardant un planeur de vol libre avec des ailes en flèche : nous pourrions en faire un de radio-commandé pour essayer cette technique de vol sur une pente ou un talus, également pratiquée en Angleterre.
Je me souviens très bien de ce soir de mai 1968, je rentrais chez moi avec un fagot de balsa, et me mettant à l'ouvrage sur une table de fortune (et dans la chambre) je dessinais tout en construisant

Une nuit, rien qu'une, mais sans dormir, et au petit matin le planeur était fini. A peine sec, entoilé japon, je fonçais de Nice où j'habitais vers Menton…
R. BARDOU regarda le modèle, hochant la tête, me dit : "Crois-tu que ça va voler ?"
Le temps d'équiper une radio de Bardou (Radio Pilote 4 canaux à lames vibrantes, servos Bonnaire de 80 g) et nous partions pour le col de l'Authion (au-dessus de Sospel et du col de Turini). Ce fut une révélation, à peine lancé, le planeur montait et volait indéfiniment… Au premier vol, le planeur tenait l'air une heure et quart. Bardou fut conquis !"

Remarque : Notons que Christian n'avait pas donné de nom à ce planeur.

"Nous étions partis nous promener en montagne, au dessus du Col de Turini, à l'Authion, un samedi de juillet avec ses jeunes élèves de Menton. J'avais emmené deux petit planeurs lancé-main (plans MAP) que je comptais perdre dans la vallée, quelques mille mètres plus bas... Surprise, le premier partit en virage, en montant, pour disparaître peu après dans les nuages ? Le deuxième fit pareil en dépit des réglages pour aller droit ? Ce fut une belle journée, ponctuée de myrtilles et framboises sauvages... Au retour, les idées fusaient dans le Combi car nous étions, tous, très enthousiastes. J'ai proposé à Robert d'en construire un de radio commandé, Robert à partir d'un triptyque de vol libre d'Aeromodeller m'a suggéré l'aile en flèche, et je suis repartit chez moi avec le matériel nécessaire. La suite tu la connais, le dimanche matin il était terminé, entoilé papier..."

"Le retour, joyeux, était ponctué de projets. Tu vas dessiner le plan, je l'appellerai « le Choucas » en souvenir de mes Pyrénées….
Au début de l'été 1968, j'ai dessiné le plan (en oubliant le "s" au passage !).
C'est ainsi que, quelques jours plus tard, on put voir évoluer le premier "Chouca"
[ndr "Chouca" sans "s"] qui reprenait les idées maîtresses du "Cobra" [ndr nom qu'il ne portait pas encore officiellement], avec une nouvelle ligne plus personnalisée et en éliminant quelques erreurs de structure."


Plan du Chouca [Radio Modélisme n° 27, mars 1969]
Planeur RC pour vol de pente - Conçu par R. Bardou, Dessiné par C. Chauzit
Notons que le nom du planeur est maintenant "Choucas" avec "s", ce n'est pas le plan originel du printemps 1968.

En juillet 1968, Chauzit travaille comme plagiste. Il est contacté par BRIOT qui lui propose du travail.
"Briot m'a contacté début juillet (il me savait libéré de l'armée), et je suis monté à Paris le 15 septembre avec une 404 de location, que je remontais à Paris pour un ami de ma mère, et qui m'a permis de rapatrier tout mon matériel… "
"Briot, avec qui j'étais en contact au travers de Modèle Magazine, me l'ayant proposé, en 1968 cela ne se refusait pas ! Je n'étais que vendeur-préparateur, emballeur, homme à tout faire, mais je réalisais un rêve. Je réalisais aussi Modèle Magazine, le soir et les weekends bénévolement !"

Dans Le MRA n° 351 d'août 1968 Robert Bardou signe l'article "CHOUCA, planeur télécommandé pour vol de pente". A ce moment-là, était-il froissé par le départ imminent de Chauzit ? Toujours est-il qu'il ne parle aucunement du dessinateur du plan dans cet article. Ce sera le début d'une brouille entre ces deux passionnés, qui durera quelques années !


Planeur télécommandés "Chouca" et "Cobra" pour vol de pente au Menton Model Air Club.
De gauche à droite : MM. R. Bardou, A. Loizzo, Ch. Malléa, P. Bournazel et G. Clerc [Couverture MRA n° 351, août 1968. Photo R. Bardou]
La photo ci-dessus, publiée en août 1968, nous a intrigué et soulevait quelques questions :
- Sur l'aile gauche du planeur au centre de la photo, tenu par Ch. Malléa, on lit "CM Exp. Cobra MK 1". Très vraisemblablement "CM" = "Ch. Malléa". Mais ce "Cobra MK I" est-il le prototype de Christian du mois de mai, ou un autre appareil construit après ? Remarquons que ce "Cobra MK I" avait un empennage en croix.
- Et quid des deux autres planeurs ? Manifestement des " Chouca", mais construits par qui ?
[1]
Christian répond à ces questions :
"
Ce n'est pas moi avec le Cobra MK I, mais un jeune de Menton qui avait voulu agacer un peu Bardou qui aimait avoir seul la vedette...
"
Je pense que Bardou l'avait revendu à un jeune de Menton (un sou c'est un sou, ce qui nous différentiait beaucoup), et il avait construit (ou fait construire), celui modifié du plan… Le nom Cobra a été certainement rajouté pour agacer Bardou…
Le planeur que tient Bardou est le premier Chouca, construit d'après le plan que j'avais dessiné (en oubliant le s au passage !). Mais ce n'est pas moi qui l'ai construit.
"

Extrapolation aile volante - Essais à Gréolière les Bains, avec Robert Bardou [Photo coll. Chauzit]
"
Plus tard, je l'ai [le Cobra] extrapolé en aile volante, qui s'est révélée trop peu manœuvrable, un échec ! "

Un modéliste du club de Menton présente le Fokker que Christian vient de dessiner et construire pour Robert BARDOU (sur le terrain de Gréolières), [1968].
Il en dérivera quelque temps plus tard son célèbre Baron.
Christian est à l'arrière, debout près du Combi WV de Bardou.
1969 : Le COBRA 7
A partir du 15 septembre 1968, Christian est à Paris et travaille pour Briot [Briot et Cie, Fournitures pour modèles réduits, 15, rue Trousseau, Paris 11e] :
"J'y ai tout d'abord réalisé quelques plans de VCC, 1,5 et 2,5 cc, dont mon premier kit le »Bugbear » en novembre 1968. "

" J'ai aussi changé le format, et le look, de Modèle Magazine que je faisais (bénévolement) le soir ! [ndr Rédacteur de la revue de fin 1968 (?) à 1972 (?)]
En janvier 1969 j'ai pu acheter ma première radio proportionnelle, une Radio Pilote Microlite 3 voies (deux mois de salaire, heureusement Briot m'a fait crédit) et j'ai pu apprendre à piloter avec des succès mitigés…
J'ai alors dessiné le Cobra dans ce but, en volant plus lentement qu'avec un avion.
Mais pour Paris, avec un pylône moteur ! J'allais d'abord à Vincennes, où j'ai connu Pierre MARROT, puis à Coulommiers, dès que j'ai eu ma vieille Dauphine.
Pour l'été
[ndr 1969] je suis descendu à Nice avec le Cobra et j'ai pu refaire du VDP un peu partout. "

Christian CHAUZIT et son Cobra, été 1969 [Photo coll. Chauzit]
"Ce planeur était facile, volait bien, et j'en ai proposé le kit à Briot à la rentrée."

Le kit du Cobra 7 distribué par Briot & Cie.
1968-69 : Évolutions jusqu'au COBRA 7
Dans l'article "Cobra 7 RC" [Modèle Magazine, novembre 1969] Christian Chauzit fait un bref historique des nombreuses modifications qui l'on amené du "Cobra MK I" au "Cobra 7", distribué par Briot avec le succès que l'on sait. [1]

Tout le monde connaît maintenant les qualités de ce modèle dont la presse a largement parlé. Il reste toutefois perfectible et c'est ainsi que l'on a pu voir à la suite d'autres « Chouca » et « Cobra» légèrement modifiés essayer diverses techniques. Le « Cobra 7 » est le fruit de toutes ces études et de nombreuses expériences, car plus d'une centaine de « Chouca » ont volé et volent encore en France. Ce qui différencie tout d'abord le « Cobra », c'est qu'il ressemble à un avion et non à un oiseau, pour des questions de goûts personnels.
Les améliorations ont porté tout d'abord sur la structure; il fallait qu'il soit à la fois léger et solide, mais reste facile à construire. Je crois que le Cobra 7 présente un sage compromis. En effet, le « Cobra 1 » avait quelques faiblesses du côté du stabilo (fixe) et le « Chouca » accroche facilement encore son stabilo à l'atterrissage.
Par ailleurs, sur le plan de l'aérodynamique, il y avait pas mal à faire. Tout d'abord, le stabilo porteur réagit parfois très mal (en vrille, par exemple), le nouveau profil bi-convexe symétrique du type N.A.C.A. est à la fois très neutre et très doux. La position en T le met à l'abri des turbulences de l'aile et le protège à l'atterrissage. (Sur le « Cobra 4 », nous avons essayé un stabilo entièrement mobile, ça marche très bien, mais c'est encore fragile.)
Du côté de l'aile, la flèche permet de garder une aile non évolutive, même sans gauchissement; par contre, il s'est avéré nécessaire de réduire le dièdre de façon importante pour obtenir de bons résultats en virage. Le profil également a un peu évolué et se rapproche plus du « Clark Y » avec un nez très arrondi. Résultat : la pénétration est meilleure et les réactions plus douces. Toutefois, l'aile en flèche continuait de me tracasser en décrochant parfois brutalement lors de virages serrés. J'ai pu y remédier par l'adjonction de petites arêtes sur l'extrados de l'aile qui régularisent l'écoulement des filets d'air en les obligeant, surtout à basse vitesse, à ne pas glisser vers les bords marginaux, ce qui favorise le décollement et le décrochage
[voir photos publicitaires ci-dessous].

Autre solution en vol de pente : il faut avancer le centre de gravité en lestant le nez et éviter de piloter trop cabré : il vaut mieux voler vite. Le modèle montera aussi facilement et sera plus facile à piloter. Ces petits défauts une fois corrigés, l'aile en flèche (n 'en déplaise à certains) a de grandes qualités, ne serait-ce que pour l'installation de la radio (il n'est pas nécessaire d'avoir une trappe à l'avant et la partie vide protège efficacement, en cas de crash !) au point de vue pénétration également, mais surtout en permettant une construction à profil non évolutif tellement plus simple pour avoir un rendement aérodynamique équivalent.
Par ailleurs, ce planeur, bien qu'étudié pour le vol de pente (s'il est construit léger et équipé de petits servos), réussit assez bien en vol de plaine avec un petit moteur de 1,5 cc. pour le départ. Le «
Cobra 4 » (1,200 kg), par temps neutre sans vent, avec 1 minute moteur, donne 4 minutes de plané au minimum. Il faut signaler encore que la position du pylône influe très peu sur l'attitude du modèle. En tout cas, pour des variations à angle piqueur de + ou - 60 , ou encore pour des écarts de - 60 à droite ou à gauche, le modèle reste insensible et ne présente aucun couple désagréable durant la montée. De ce fait, une fixation par élastique du pylône est suffisante.
En vol de pente, une construction des ailes en coffrage 15/10 balsa, bien qu'un peu plus lourde, est intéressante, car elle est plus robuste et crève moins dans les branches. D'autre part, j'ai cru bon de faire les ailes démontables pour le transport, au moyen de deux renforts de dural boulonnés de part et d'autre de l'aile renforcée à cet endroit par du bois dur; cela peut paraître léger au départ, mais c'est à la fois efficace, pratique et solide (l'expérience l'a prouvé).
Dès le début, il s'est avéré indispensable d'avoir une gouverne de direction très efficace, d'où sa grande dimension, et avec un proportionnel cela n'est jamais gênant et permet beaucoup de choses, même en vol de thermique; comme dit le proverbe, « qui peut le plus peut le moins », il suffit de savoir doser son effort sur le manche.
Au point de vue construction, il n'y a pas de problèmes; le plan est suffisamment détaillé et ne change pas trop de la construction du « Chouca ». Par contre, comme la fibre de verre n'est pas encore très généralisée en France, j'ai conçu ce modèle pour pouvoir être assez solide sans aucun renfort de fibre et de résine. Bien sûr, il n'est pas interdit de s'en servir, au contraire.
Un mot encore : le « Cobra » n'est pas un modèle de performance en thermique comme le « Cirrus », ni un modèle de vol libre adapté à la radiocommande. C'est un modèle très robuste, fait pour voler, très maniable et efficace qui pourra vous donner, si vous le voulez de très grandes joies.
C. CHAUZIT.
[Novembre 1969]

 

Régine BEAUBE, présente le Cobra de son mari extrapolé à 2,50 m [Modèle Magazine n° 236, novembre 1971, photo couverture]

[Modèle Magazine 223, novembre 1969]

Régine Beaube présente un Cobra 7 motorisé [Modèle Magazine 223, novembre 1969]

Départ à l’Authion (2090 m), Alpes-Maritimes [Photo BARDOU]

En vol au-dessus de Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes) [Photo BEAUBE]

Publicité Briot [Modèle Magazine n° 236 (janvier 1971)]

Publicité Modelavia [Modèle Magazine n° 252 (juin 1972)]
1969-1971 : Du COBRA 7 au NAJA
En 1971, dans son article "Évolution dans la continuité" [4], Christian CHAUZIT dresse le bilan des évolutions de ses "Cobra", du 7 au 12, aboutissant à un dernier modèle qu'il avait baptisé "Naja".
Nous reproduisons ci-dessous le texte de cet article dans son intégralité.
Évolution dans la continuité...
Ces deux mots seraient dignes de l'un de nos ministres ou Chef d'Etat, mais ils s'appliquent seulement à une famille de planeurs radio commandés qui, depuis bientôt cinq ans, ne cesse d'évoluer, avec une certaine continuité dans le choix de l'aile en flèche. Nous avions publié il y a quelques mois la photo de l'un de nos « Cobra » équipé d'une aile extrapolée à 2,50 m. et, devant le nombre des lettres de lecteurs nous demandant plus de détails concernant cet appareil, j'ai préféré rédiger ces quelques lignes à l'intention de tous.
L
Le Cobra 8 en vol à Beynes – Notez les nombreux essais de « fences »
Je ne reviendrai pas sur les premiers modèles antérieurs au n° 7, puisque cela a déjà été fait, mais de nos dernières réalisations. Tout d'abord, nous avons commencé par améliorer directement le n° 7, essayant d'éliminer les défauts de l'aile en flèche et du modèle en général, pour le rendre encore plus sûr et plus sain, tout en gardant les avantages de robustesse, de pénétration et de facilité de construction et de transport. Par vent moyen ou fort, le « Cobra 7 » était parfait en vol de pente, capable de survitesse sans risque pour la voilure, il peut tourner un peu d'acro sans risque, et continue d'accrocher par vent faible. Avec les arêtes ou « fences », il ne décroche pratiquement pas, même en virage serré et, grâce à son profil Clark Y, le vol est relativement lent, ce qui facilite le pilotage et permet d'accrocher facilement en thermique. Toutefois, avec ses 3 cm de dièdre sous chaque aile, l'avion paraît assez mou et nécessite d'avoir de la vitesse pour virer convenablement. Nous avons donc augmenté le dièdre et, après plusieurs essais, nous avons retenu comme valeur la plus efficace 8 cm sous chaque aile, soit 16 cm en tout pour un modèle de 2 m. d'envergure. L'avion est devenu très docile et maniable, et l'on peut se permettre de voler dans des espaces très restreints. Nous avons, par contre, supprimé l'arête de bord de fuite, car celle-ci n'a pas démontré son utilité. Il vaudrait mieux encore en mettre deux au bord d'attaque.

Le Cobra 9 n'est qu'une version améliorée du Cobra 7 grâce à quelques réglages
J'ai essayé à ce jour de très nombreux « Cobras » réalisés par différentes personnes et amis, et j'ai souvent remarqué des réglages totalement erratiques, à un point tel que je vais ICI vous donner ma méthode, car elle a fait ses preuves.
Tout d'abord, il faut construire le stabilo léger, pour ne pas être obligé de lester le modèle à l'avant. Le mien pèse 45 gr entoilé au Solar Film, en respectant la construction de la boîte. Mais j'en ai vu qui faisaient 50, 60 et même 75 gr , ce qui démontre un ponçage hâtif ou un mauvais choix de balsa. R. BROGLY, à qui j'ai confié une boîte pour essais, en a même construit un de 120 gr ... mais d'après la photo jointe, il a dû oublier tout simplement de poncer... Le comportement du modèle change donc suivant la construction. En règle générale, le modèle doit être équilibré en disposant la radio, sans lest supplémentaire, en respectant le centrage indiqué sur le plan. Il est impératif, ce centrage obtenu, de ne plus y toucher ! Les premiers essais se font sans vent et sans pylône moteur, lancé à la main sur terrain plat et herbeux de préférence. La radio doit être allumée. Le planeur doit partir en ligne droite et sans ondulation. S'il pique ou s'il cabre, on rectifie au trim et au manche si nécessaire et on place les cales correspondantes sous le stabilo. En aucun cas, il ne faut rajouter du lest !

Le Cobra 9 en looping
Les modèles sont construits généralement cabreurs, et j'ai vu souvent des modélistes régler leur avion ou leur planeur, sans même parler du « Cobra », en lestant un peu plus le nez pour obtenir un plané tendu. Résultat, le modèle vole avec une trop forte incidence, avec en plus une instabilité due à l'avancement du centre de gravité, et dès que l'on vire sans donner de la vitesse, le modèle décroche brutalement, ce qui est normal. Il faut bien se dire que, si le centrage est indiqué sur un plan , il faut le respecter. Je ferai seulement une parenthèse pour le plan du ZEF 2 oû le centrage indiqué (50 %) concerne la version monocanal avec profil porteur au stabilo, mais pour les modèles bi-gouvernes avec stabilo biconvexe, il faut revenir à 35 %. Je considère donc la mise au point du « Cobra 7 » terminée, mais par vent très faible, le modèle a du mal à accrocher en vol de pente, et en thermique il lui faut tout de même de bonnes ascendances pour monter, surtout avec le supplément de poids du pylône moteur. Nous avons donc pensé, mes amis et moi, à réaliser un modèle de plus d'allongement, et mon ami Patrice a réalisé une aile de 2,50 m qui nous donne entière satisfaction en vol de pente comme en thermique, au treuil comme au pylône, et reste à mon avis supérieur à l'« Alpha » par exemple, surtout dans le cas du pylône. L'astuce était de faire une aile interchangeable avec le même ensemble fuselage ; c'est ce qui fut fait, comme le montre le plan des pages centrales, en diminuant légèrement la flèche tout en augmentant l'envergure. Le centrage reste identique, le dièdre passe ainsi avec les mêmes clés à 20 cm en bout au total, mais on peut encore l'augmenter jusqu'à 22 ou 23 cm, ce qui améliore encore la stabilité et les virages, sans préjudice pour la sécurité du vol, du fait de l'allongement et de la légère diminution de la flèche. Sans être aussi fragile qu'un « Cirrus », ce nouveau « Cobra 8 » est tout de même plus fragile, et il vaut mieux n'utiliser cette aile que par vent faible ou moyen (surtout si on veut faire de l'acro) ou en thermique.
M. Noël LEDUC avait amené à Villeneuve-sur-Yonne un « Cobra » modifié, extrapolé à 2,50 m, mais avec un profil creux et stabilo genre « Cirrus ".
Son « Cobra N » volait très bien, surtout par temps calme, et je lui laisserai le soin de vous le décrire lui-même dans un prochain numéro. Comme vous pouvez vous en rendre compte, l'histoire des « Cobra » est en fait un travail d'équipe, et c'est pour cela que j'emploie souvent le « nous » pour en parler. Pour ma part, bien que satisfait dans l'ensemble de mon modèle, je le voudrais encore plus acrobatique. En effet, le n° 7 est relativement lent et ne réalise bien que les figures classiques, loopings, renversements, huits horizontaux, avec peu de goût pour les inversés, et pas du tout pour le vol dos, ce qui d'ailleurs n'était pas prévu au départ. On arrive encore à faire un Immelman, mais il se refuse aux tonneaux à la direction.
J'ai donc à nouveau repensé l'aile pour y disposer des ailerons cette fois. J'ai réalisé trois versions encore à l'essai qui doivent déterminer un nouveau modèle avec fuselage en fibre de verre, qui sera l'aboutissement de la lignée des « Cobra » et prendra le nom de « NAJA ». Toutefois, n'anticipons pas trop, car ce dernier n'a pas encore volé.
Le « Cobra 9 » étant un modèle directement dérivé du 7, pour vérifier le bien-fondé des améliorations, le premier modèle à ailerons se trouve être le « Cobra 10 ". Les ailerons agissent sur la quasi totalité de l'envergure avec un fort différentiel obtenu grâce au report sur l'arrière du guignol de commande. Les ailes sont construites de façon classique, mais entièrement coffrées, ce qui les rend encore plus rigides. Les volets sont découpés après montage de l'aile et renforcés par des baguettes sur toute la longueur.

Le Cobra 10 en vol. Seule l'aile est différente car le fuselage est celui du Cobra 7
J'utilise pour les commandes des tubes en nylon avec des câbles de frein de vélo ; ce n'est pas encore la solution idéale, mais c'est assez pratique, car la courbure n'est pas très importante. A ce propos, je n'utilise plus de commande souple à la profondeur, mais un renvoi en CTP et des tringleries conventionnellement plus fiables ... Certains utilisent le câble de vélo également, mais je ne suis pas encore convaincu pour cette gouverne. Côté direction, tout convient. Je fixe le servo d'ailerons suivant mon système de fixation rapide dont j'ai déjà beaucoup parlé mais qui a fait ses preuves, sur une moitié d'aile seulement pour les garder démontables, et je rajoute seulement une clé de positionnement en CAP vers le bord de fuite. Dernière précaution, je renforce maintenant le nez, l'extrémité arrière du fuselage et l'emplanture des ailes avec de la fibre de verre et résine pour un gain de poids (après ponçage) de seulement 30 gr.
Pour le « Cobra 11 » j'ai fait de même, mais avec un profil biconvexe dissymétrique affilié aux NACA et la même envergure, c'est-à-dire 2,60 m et enfin, sur le « Cobra 12 », l'aile est à nouveau réduite à 2 m avec le même profil.
On a ainsi toute une gamme de planeurs avec le même fuselage et des ailes différentes selon le temps et le genre de vol désiré. Le profil est devenu évolutif surtout pour l'esthétique des ailes et, malgré un surcroît de travail à la construction. Ces versions n'étant pour moi que des bancs d'essais, elles ne seront pas commercialisées.
En fait, cette étude doit conduire à la version définitive du « Naja », qui aura, je pense, les deux ailes à ailerons, avec le profil qui nous aura donné entière satisfaction. Le fuselage en est au moulage. L'emploi de la résine et de la fibre de verre permet des formes ovoïdes plus réussies et plus de solidité en général, malgré un supplément de poids. Le stabilo pendulaire a été retenu, car ayant un meilleur rendement en figures inversées, malgré plus de risques à l'atterrissage. Mais nous aurons l'occasion d'en reparler, après les premiers essais.


Un départ du Cobra 9 piloté par l’auteur à Villeneuve-sur-Yonne.
Ce modèle, malgré une vitesse de vol lente, conserve une tenue excellente dans la rafale.

Pour conclure sur les « Cobras », disons, que c'est un peu la bête à voler pour débutant en VDP ou en vol de plaine, même treuillé, car il grimpe très bien, même avec 200 m de fil. Je ne crois pas que ce soit le planeur idéal, loin de là, mais je crois qu'il reste un bon compromis, surtout avec le jeu d'ailes au complet.
C. C.
1971 : Fin (provisoire) de l'aventure "COBRA"
Les qualités de vol des Cobras furent unanimement reconnues par la communauté des aéromodélistes et la commercialisation du kit fut un grand succès.
Mais tout a une fin et...
"J'ai quitté Briot en janvier 71, pour Euromodélisme, qui a fait faillite peu après, puis en bricolant pour Pierre Marrot, avant de changer radicalement de cap...
Je suis resté en excellents termes avec Briot. Il est décédé vers 1975, mais sa société a poursuivi l'activité quelques années encore. L'esprit a beaucoup changé, il est devenu mercantile. Après avoir changé de raison sociale et être devenue "Baron Modèles", une faillite au début des années 1980 scella la disparition de l'entreprise.
"
Années 2000 : Cobra, le retour
A la fin des années 2000, C.C., toujours en perpétuelle réflexion et exploration, remet le Cobra sur la planche à dessin pour un modéliste de la région parisienne. Cela donne le Cobra 13, petit planeur de 1,20 m d'envergure. L'empennage en T a été abandonné pour cette version. Les ailes sont en bois. L'appareil est motorisé pour permettre des vols en plaine.
Le Cobra 14, qui suivra de près, n'en diffèrera que par la conception des ailes, construites en dépron.
En 2017, C.C. redessine le plan du Cobra 7 pour Pascal CÉPÉDA [Silence Model]. Le prototype construit est appelé Cobra 17 [Voir infra]

Cobra 13 [Coll. C. Chauzit]
QUELQUES COBRAS
Le COBRA 7 de Jean-Pierre Di Rienzo
Jean-Pierre Di Rienzo, nous avait fait part, en octobre 2019, de l'avancement de la construction d'un Cobra 7, et nous avait transmis les photos ci-dessous [10]
" ..J'ai commencé la finition peinture du fuselage, entoilage stabilo, fini, et ailes à finir... Je te préparerai un petit texte d'accompagnement des photos afin d'expliquer le pourquoi du comment."
Il vient, en ce début d'année 2020, compléter la présentation de sa construction par le texte ci-dessous, où il résume d'abord sa riche carrière modéliste, avant de livrer ses réflexions sur la construction proprement dite. [11]

"Avant d'enter dans le vif du sujet, et donner les raisons du pourquoi et du comment concernant les détails de construction du Cobra 7, je souhaite vous narrer la découverte de ce planeur et la réalisation d'un rêve de 45 ans.

Passionné par le modélisme RC, que j'ai découvert au début des années 60 en lisant une bande dessinée consacrée à cette activité, Les aventures de Michel et Thierry, épisode n° 1 Le grand Raid, aventures réalisées par un dessinateur qui était modéliste lui-même, Arthur Piroton, je lisais les revues existantes de la décennie 60 (Radiomodéliste, MRA ou Modèle Magazine) en achetant chaque mois, après les avoir feuilletées, soit l'un soit l'autre, choix dicté par un article m'intéressant. Et bien évidemment régulièrement je me rendais le week-end, en vélo, sur le terrain de Corbas, commune du sud de Lyon, haut-lieu de la pratique du modélisme avions RC et vol libre de la région lyonnaise. Je construisais également des petits planeurs de vol libre tout balsa. La radiocommande n'était qu'un rêve, un espoir, la terre promise.

Donc en novembre 1969, chez ma libraire, fidèle à mes habitudes en feuilletant ces trois magazines, je découvre dans Modèle Magazine la présentation du Cobra, et publié en double page centrale le plan du fuselage. Ce fut le coup de foudre. Pas pour la libraire, mais pour le modèle. Malheureusement jeune étudiant en constructions mécaniques je n'avais pas les moyens financiers de m'offrir la boîte de construction, et encore moins une radio. A titre de comparaison un numéro de Modèle Magazine coutait 2 Francs et la boîte se vendait au prix de 116 Francs, soit un rapport de 58. Actuellement une revue est proposée à 7,50,€, donc la boîte du Cobra devrait être proposé, en début 2020, à 435 €, mais…. boîte constituée de pièces découpées à construire.
Et la radio ?? me direz-vous : un ensemble 4 voies coutait la modique somme de 1450 F, soit un rapport de 725, ce qui donnerait en début 2020 un coût de 5437,50 € pour l'achat d'un émetteur et récepteur 4 voies, accu et trois servos mais… radio basique sans aucun des raffinements actuels : mixage, mémoire, dual-rate…… donc soit les prix des radios ont énormément baissé soit les coûts des revues ont énormément augmenté, voire les deux solutions.

Et de ce fait, comme déjà mentionné, le rêve, la terre promise !!!!

Puis les années ont passé, les études, les diplômes, le service militaire, l'entrée dans la vie active, en l'occurrence en bureaux d'études pour la conception de machines spéciales. Avec mes premiers gains, permis de conduire puis achat d'une vieille Renault 6, et enfin les boîtes de construction soit un Dandy, modèle de début en RC de Graupner, qui sera piloté à l'aide d'une radio en kit, de marque Prolink, petite sœur de Radio Pilote créé par le grand champion Pierre Marrot.
Et s'enchaine la construction de nombreux modèles, mais réalisés à partir d'un plan et éventuellement achat d'un fuselage fibre ou conception maison, conceptions présentées dans les MRA, RCM et FLY International. Rarement, très rarement un kit, ou alors pour la rédaction d'un banc d'essai. Les décennies passent, je n'ai toujours pas construit le Cobra 7.
En 2003, après avoir fait le tour de tout ce qui peut voler, et suivant les modes, avions de voltige, mini-planeur, planeur de 4 mètres, l'électrique en Electro 7, la nostalgie me fait de l'œil et je découvre les modèles anciens.
En 2014, enfin, je réalise mon rêve, je débute la construction d' un Cobra 7. Mais la retraite me surprend, et je profite du temps libre pour réaliser des travaux dans la maison.
La construction est mise en stand-by. Elle devrait reprendre…. prochainement."

LA CONSTRUCTION
Mais retour vers le futur et voyons les détails de la construction avec l'aide des photos. La structure et les caractéristiques techniques sont quasiment identiques à l'original avec cependant quelques modifications :

- Le profil adopté est le célèbre S3021, également à intrados partiellement plat comme le profil d'origine mais plus fin donc faible épaisseur relative et très performant.
- Les radios modernes étant au moins 4 fois plus légères que celles disponibles lors de la naissance du Cobra 7, jugez par vous-même, une radio d'époque était équipée de servos de 65 à 80 grammes, de récepteur aussi obèse et d'accus Deac de 120 grammes, de facto j'ai pris l'option de loger la radio dans la partie avant, afin de minimiser le plomb nécessaire pour l'obtention du centrage.
- Pour la fixation d'aile, fidèle à mes habitudes j'ai préféré installer deux tourillons en fibre de verre de 6 mm de diamètre collés au bord d'attaque, qui pénètrent dans des tubes alu, noyés dans la platine support aile et deux vis nylon de 5mm de diamètre, positionnées au niveau du longeron, traversant des renforts bois dur collés aux longerons supérieurs et inférieurs des ailes, quant aux écrous recevant ces vis nylon ils sont noyés dans la platine support aile. Cette platine, en fibre de verre (dix couches de 100g) et résine époxy, est moulée directement sur l'intrados des ailes protégé par un ruban adhésif d'emballage ciré, ailes réunies par leurs clé cap. Cette platine est collée à l'époxy sur le dessus du fuselage, et pendant le séchage de l'époxy l'ensemble fuselage/ailes est positionné sur cales, afin d'obtenir un dièdre identique sur les deux ailes. Les ailes sont réunies par une seule cap de 6 mm de diamètre, aussi lourde mais plus résistante que les habituelles doubles cap de 40/10.

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- La dérive est de construction géodésique : principe léger et très résistant. Ponçage à la forme du profil, après construction. Guignols moulés en fibre de verre et commande par fil Dynéma (article de pêche)
- Comme la dérive le stabilo est réalisé en construction géodésique. Ponçage au profil Naca 00010. Fixation par une vis centrale de 4 mm de diamètre en nylon, renfort en ctp pour le passage de la vis et à l'avant un rivet alu pour le centrage du stabilo, ce rivet est collé époxy sur le support de stabilo et un renfort ctp est installé dans le stabilo pour recevoir le rivet - Comme le stabilo étant entièrement mobile, appelé à tort pendulaire, un support pivotant est moulé, comme le support aile, directement sur l'intrados du stabilo en fibre de verre (dix couches de 100g) et résine époxy, support pivotant autour d'un tube laiton de 2mm intérieur et 3mm extérieur. A noter que le plan original prévoyait, également, ce mode de commande mais avec un support de stabilo réalisé en alu 10/10 plié (voir sur le site RC paper la description du montage dans le numéro 18 de Radiomodélisme page11)
- La commande du stabilo se fait classiquement par baguette balsa muni d'un embout fileté coté servo, pour le réglage de la longueur donc du neutre de la gouverne, et coté renvoi une cap 15/10 est pliée en L et maintenue par un arrêt plastique. Le renvoi, moulé en fibre de verre et résine époxy, est installé au pied de la dérive renforcée par deux plaques en ctp 12/10, renvoi pivotant autour d'une cap en 15/10. Une cap 15/10 assure la liaison entre le renvoi et le support stabilo.
- Entoilage des ailes et stabilo en Oralight blanc pour les zones coffrées et Oracover air Indoor (Oralight sans encollage donc plus léger) pour les zones non coffrées
- Fuselage entoilé soie et peint.

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Les COBRA de Bédé
"En fouinant dans mes dossiers je suis tombé par hasard  sur la photo de mon Cobra 7.
Olivier le fiston a bien vieilli depuis ! Elle a été prise,à la pente du Dover Patrol, à Escale.
"
[reçu le 12 octobre 2019]

Et presque 50 ans plus tard, Olivier avec le nouveau Cobra 7rc, kit de Silence Model [20 octobre 2020]
Le COBRA de Jacques Verdun

Dans le récent bulletin des 4A n° 117, de novembre 2019, son rédacteur, Bernard "Bédé" DEUREUDRE, publie un article écrit par Jacques VERDUN intitulé "Histoire d'un Baron et d'un Cobra 7, ou mes débuts en RC".
Il m'ont très aimablement autorisé à reproduire ici ce texte. J'en extrait les parties auxquelles Christian CHAUZIT est lié, c'est à dire celles relatives au Baron et au Cobra 7 :
"
Septembre 71, changement de boulot et un nouveau collègue. Nous ne tardons pas à sympathiser pour 2 raisons, nous sommes Savoyards et avons le même passe-temps: l'aéromodélisme.Il pratiquait la télécommande et moi le VCC. Il me convainquit de passer à la radio en me disant que l'on pouvait trouver du matériel radio d'occasion, ce qui fut rapidement fait avec l'acquisition d'une Robbe DP4 avec 2 servos linéaires, à l'époque en 5 fils.
Il me dessina un avion style Grrr de PLESSIER. A la vue du plan ma femme me dit : tu ne vas pas construire cette horreur!!!
Heureusement Mod Mag vint à mon secours en novembre avec l'article et le plan en double page centrale du n° 245 du Baron de C.Chauzit. En ce temps- là, (nous étions dans les 30 glorieuses sans le savoir), on se sortait les doigts du… nez pour pratiquer l'aéromodélisme. Je pris une feuille de calque, un crayon, une règle, une calculette et un chantier de construction pour agrandir vite fait bien fait ce plan réduit et, sans rien dire au collègue, le construire.
Fin avril 72 il fut prêt à voler et rendez-vous fut donné à la maison de campagne du collègue dans la Beauce. A la vue du Baron je me fis traiter de salaud, mais vite pardonné parce que bien fait. Et après le repas, tout fut oublié après deux vols réussis où le collègue avait assuré départ et atterrissage et moi le maintien en l'air du Baron. Après trois autres week-end où j'avais assuré dans un premier temps le départ (lancé main par le collègue et le second départ et atterrissage, je fus confirmé bon pour le service le 3ème weekend. Huit vols au total me rendirent indépendant. Le 9ème vol effectué tout seul en Loire-Atlantique fut moins glorieux, premier décollage périlleux et casse à l'atterrissage, tellement concentré sur la tenue de cap que j'en ai oublié d'arrondir à l'approche de la planète, résultat : train tordu et fuselage cassé au droit des empennages.
Rapidement réparé le Baron vola à nouveau le lendemain, la leçon a été retenue, Depuis ce jour là j'ai assumé tous les vols de mes modèles.
Le Cobra 7 fut construit dans la foulée en juin 72 suivant le même procédé, Mod Mag n° 223 de novembre 1969. Il volait parfaitement bien, aussi bien en vol de pente qu'avec un pylône moteur en plaine.
Le Cobra 7 fut victime en mai 75 d'une négligence de ma part à Villeneuve sur Yonne. Après le crash du Blue Angel quelques jours plus tôt, j'avais fini l'installation des servos sur la pente et omis de vérifier le sens de débattement des gouvernes. Si la profondeur était ok, la direction ne l'était pas et ça je m'en suis aperçu dès le départ, fort vent ce jour là. Le vol se déroula plutôt bien, mais pour l'atterrissage les réflexes reprirent le dessus et un fuselage en moins !! Il me reste aussi les ailes et l'empennage.
"
Et Jacques de conclure :
"
En ce temps là Mod Mag, malgré ses 24 pages en noir et blanc, le peu de photos et un papier….était une revue pour AEROMODELISTES.
N'oublions pas la maison Briot et C.C avec ses nombreux plans parfaitement dessinés et esthétiques...
"


Le Baron et le Cobra 7 de Jacques Verdun
Le COBRA de Paul Derbier
"Il s’agit bien d’un Cobra pure race, et d’époque" [message du 23 juin 2019]
Ces photos ont été prises lors du seul vol que j’ai effectué avec ce modèle, à la pente sud de Combovin...

... et bien entendu avec mon lanceur fétiche, Étienne BERAUDO
 
Le Cobra de Bibi
Pascal "Bibi" Bissey a construit et fait voler un Cobra inspiré du Cobra 7 mais très modifié.
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Rencontre "Vintage" de Millau, 16 août 2020 [photos Isabelle Descroix]
Empennage en croix et nez pointu caractérisent le Cobra de Bibi
2017 : Le COBRA 17
En 2017, Pascal CEPEDA [Silence Model] a remis le Cobra 7 au goût du jour. Avec la collaboration de Christian Chauzit, qui en a redessiné le plan, il a construit un prototype appelé Cobra 17, avec une motorisation électrique dans le nez.
Voir la vidéo de présentation de Christian GUILLAUME [3]
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Le Cobra 17 de Pascal - Rencontre Vintage de Millau 2018

Cobra 7 version 2017
Specs
Envergure 2000 mm / Longueur 1170 mm / Profil C. Chauzit 2016 / Masse 1350 g
Motorisation
Moteur Pro-Tronik 1000 Kv = 2810 / ESC 30 A / Accu 3S 2200 mAh / Hélice 11 x 8
Durant la rencontre organisée par le club d'aéromodélisme des Vautours de Millau, en 2018, le Cobra 17 fut accidenté, suite à une collision en vol, et fut perdu dans la pente de La Granède. Retrouvé bien plus tard, il fut réparé par les Vautours.
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Août 2019 - On a pu voir le Cobra 17 offert par Pascal aux Vautours de Millau, réparé par ces derniers, voler durant la rencontre "Vintage" de ce club

Novembre 2019 : Le vent d'Ouest nous apporte des nouvelles de Toulenne. Le prototype n° 02 du Cobra serait prêt à voler et si tout se passe bien la production pourrait démarrer dans quelques semaines.

Le COBRA 7rc "50 ans"
Début mars 2020 : Enfin ça y est ! Le kit du Cobra, tant attendu par les fans de cette machine mythique, est disponible chez Silence Model.
A n'en pas douter, nous allons en voir un peu partout sur les pentes hexagonales la saison prochaine.

Février 2020 : Pascal CÉPÉDA [Silence Model] offre à Christian CHAUZIT la toute première boîte du Cobra "de série"
Nous reparlerons certainement de cette boîte dans quelques jours !
La collaboration de Christian et Pascal a conduit à cette version motorisée du Cobra, en électrique, comme il se doit chez Silence Model !
Christian a redessiné un profil pour les ailes,équipées d'ailerons. Le stab est pendulaire, comme sur la version originelle.

L'étiquette de la boîte du Cobra 50 ans, très inspirée de celle du kit de 1969.
Le Cobra 7rc n° 1
Quelques jours après le séjour de Pascal chez Christian, je recevais la boîte du Cobra de série n° 1 : en effet, Christian avait voulu m'en faire cadeau pour que je puisse le construire et le faire voler, ce qu'il ne pouvait faire lui-même. Cette attention m'a beaucoup touché. Aussi en hommage à son papa et en remerciement j'ai appelé mon Cobra "Ch Cha", en espérant que le designer ne s'en offusquera pas !
Pascal ne s'est pas privé de me mettre la pression pour que la construction ne traîne pas et en avril le Cobra était prêt à voler.
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"Shooting" à La Granède, sur fond de viaduc
Mais en raison de l'épidémie de Covid-19 et de divers contretemps, les premiers vols ne seront réalisés qu'en août, pendant la rencontre "Vintage" organisée par Les Vautours de Millau. Rien à signaler sur les vols, les réglages préconisés sur le plan étant satisfaisants pour débuter.
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Quatre "Cobra" à la rencontre "Vintage" 2020 des Vautours de Millau
Malgré les incertitudes liées à l'épidémie de Covid-19, les Vautours de Millau avaient décidé de maintenir leur rencontre "Vintage", déjà devenue traditionnelle. L'édition 2020, la quatrième du nom, a donc eu lieu le week-end du 15 août.
Pour le Cobra, cette rencontre restera marquante car pas moins de quatre "Cobra" purent voler le dimanche sur la pente de La Granède, avec en point d'orgue un vol de groupe au cours duquel nous nous sommes bien amusés !
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A gauche : les 4 Cobras sur la pente de La Granède. A gauche le Cobra rose de Dany, devant le prototype 01 de Didier, à droite le "ChCha" de Claude
et derrière le Cobra rouge de Fred.
A droite les pilotes lors du vol en patrouille. De droite à gauche : Frédéric Maix, Dany Mallié, Didier Caldara et ClaudeL.
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Vols en duo avec et sans vautour !
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Vol en formation, à géométrie aléatoire (hum !)


Quelques semaines plus tard, le week-end du 12-13 septembre 2020, trois des quatre "Cobra" [Dany, Fred et moi] se sont retrouvés sur les pentes de La Madeleine (Pyrénées-Atlantiques) et ont beaucoup volé dans d'excellentes conditions.
BELCO BALSA Glider
Publicité pour l'envoi gratuit d'un petit plan dans M.M n° 216, d'un planeur libre de C.Chauzit, dont les lignes générales reprennent celles du Cobra.
SOURCES DOCUMENTAIRES
[1] Cobra 7 R/C, par Christian CHAUZIT, Modèle Magazine n° 223, novembre 1969. Via Jean-Pierre Di Rienzo, 08 juin 2018
[2] Collections de revues anciennes et documents, site de Gérard RISBOURG, Les GPR
[3] Cobra 17 Silence Model, vidéo de présentation, par Christian GUILLAUME, YouTube
[4] Évolution dans la continuité..., par Christian CHAUZIT, Modèle Magazine n° 241, juin 1971, p 11-13. Via Jean-Pierre Di Rienzo, 16 juin 2019
[5] Wizard of Oz, Plan et article d'Aero Modeller n° 363, Outerzone

Christian CHAUZIT fut rédacteur de la revue Modèle Magazine pendant quelques années (fin 1960-début 1972 ?). On trouvera dans cette revue d'autres articles signés de san main, comme par exemple : [via Jean-Pierre Di Rienzo, 19 janvier 2020]
[6] Le vol de pente en RC, par Christian CHAUZIT, Modèle Magazine n° 226, février 1970
[7] Vol de pente à Villeneuve-sur-Yonne, par Christian CHAUZIT, Modèle Magazine n° 235, décembre 1970
[8] Vol de pente à Villeneuve-sur-Yonne, par Christian CHAUZIT, Modèle Magazine n° 241, juin 1971, p 4-9
[9] Vol de pente à Villeneuve-sur-Yonne, par Christian CHAUZIT, Modèle Magazine n° 246, décembre 1971
[10] Photos de la construction d'un Cobra 7, par Jean-Pierre Di RIENZO, 21 octobre 2019
[11] Découverte du Cobra 7, par Jean-Pierre Di RIENZO, 3 février 2020

Page créée le 04/06/2019. Dernière mise à jour le 23/10/2020
Des vieilles toiles aux planeurs modernes © ClaudeL 2003 -