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Cosandey Pou-Planeur

Décollage du Pou-Planeur sur les pentes du pays de Gruyère (via [1])

Année du premier vol : 1939
Pays : Suisse
Développement :

Louis COSANDEY

Caractéristiques
Tryptique
Historique

Références


Maquette connue


CARACTÉRISTIQUES
  Type : Atelier de fabrication : construction amateur  
  Envergure : 5,00 m Vitesse minimale : --- km/h  
  Longueur : xx,xx m Vitesse maximale : --- km/h  
Hauteur : xx,xx m Taux de chute mini : xx m/s à xx km/h
  Allongement : xx,xx Finesse max : xx à xx km/h  
  Surface alaire : xx,x m² Profil d'aile : NACA 23.012  
  Charge alaire : xx,x kg/m² Nombre de sièges : 1  
  Masse à vide : 75 kg Nombre de machines construites : 1  
  Masse maximale : 132 kg Années de fabrication : ---- - ----  
  Ballast : non Techniques de construction : Bois et toile  
Ces specs sont relatives au premier Pou-Planeur :
Les ailes sont identiques de corde 1,40 m et d'envergure 5 m
Le profil des deux ailes, le NACA 23.012 a la particularité d'avoir un centre de poussée qui ne se déplace pas lorsque l'angle d'incidence varie.
Entreplan vertical : 1/3 de la corde
Entreplan horizontal : 0
Volet de 0,80 m au bord de fuite de l'aile arrière se levant à la fin de la course du manche.
Poids 75 kg avec le train d'atterrissage.
Le centrage est à 33% de la corde totale (2,80 m) des 2 ailes y compris la fente.
Centrage à 85 cm du bord d'attaque.
Le rapport de charge des ailes : 1,81 / 1
. [3]
TRYPTIQUE ET PLANS
Louis Cosandey a réalisé plusieurs ailes et fuselages sans compter les multiples modifications effectuées pour mettre en pratique des idées nouvelles ou simplement faites à la suite de casses. Compte tenu du peu de plans dont nous disposons, il n'est pas facile s'y retrouver, mais en simplifiant peut-être un peu on peut dire qu'il y a eu en gros 3 versions de cette machine. Une chose est sûre : il n'y eut qu'une seule immatriculation pour toutes les versions : HB-277.  

Pou-Baby 2 - plan non daté
Envergure de l'aile avant 6,5 m
 

Pou-Baby 3 -plan non daté
Envergure aile avant 6 m, aile arrière 5 m. Surface totale 13,4 m2, poids à vide 75 kg
 
Les plans 3 vues ci-dessous correspondent au Pou Planeur n° 3 (d'après la forme des ailes et de la dérive), mais présentent quelques différences.  

Via [4]

Via [3]

 
HISTOIRE

Ce Pou est le n°1 : ailes du HM-14 à l'extrémité légèrement pointue.
ci-contre est sensiblement différent de celui des autres photos et du plan 3 vues
Le gouvernail est simplement maintenu par deux petits haubans. La photo ne le montre pas, mais ce modèle était équipé de skis pour permettre le décollage sur la neige. Via [3]
    Laissons Louis Cosandey lui-même raconter ses débuts :

"Pour mon premier Pou Planeur, je pris contact avec l'Office Fédéral de l'Air ; plans, calculs, visites avant l'entoilage : ce fut O.K. Vite de la toile, du verni-tension, des skis ordinaires à la place des roues et le 5 janvier 1939 je fis 6 lignes droites au sol, sur une pente à 2 km de chez moi. Le lendemain, sur une pente plus accentuée, je décollais pour la première fois. Grâce à l'aide bénévole de quelques amis j'appris donc très progressivement à voler, la hauteur du point de départ dictant la durée et la hauteur sol du vol.
Sur mon livret de vol on peut lire : le 12 février 1939, 20ième vol, durée 26 secondes, hauteur 15 m., virage 180°, atterrissage au pied de la pente. Additionnant toutes ces secondes, je totalisais 5 minutes et 34 secondes ; étais-je mûr pour le 21ième vol ?"
Mon « manager » et ami Max Firmann, mécanicien, artiste, soudeur expérimenté, chasseur, me dit : « On va amener le Pou en montagne et, de là-haut, tu feras un vol magnifique ». Le 26 février 1939 nous arrivons donc, vers 8 heures du matin, ma Bébé Peugeot + 4 mordus+ les sacs et les skis+ le Pou en remorque, à la cote 900 m. ; la BB refusant de grimper plus haut dans la vallée, on dételle et on se propose de hisser le planeur jusqu'à un replat à 1450 m. d'altitude. Il est 8h. du matin, on démarre à 4.
A 17h. on n'est plus que Max et moi, exténués, de la neige jusqu'au genoux, mais presque au but. On attache le planeur à des sapins, et on se retrouve dans un chalet pour nous restaurer et passer la nuit. Le lendemain, nous trouvons le planeur couvert de neige; on l'amène au sommet et là, je vis l'autre versant de la montagne et le creux de 550 m. que j'aurai sous moi au décollage.. à la mesure de celui que j'avais à l'estomac. Ce fut un vol merveilleux... 4 minutes et 20 secondes inoubliables... et une faim de loup à apaiser.
Je fis par la suite plusieurs vols à flanc de montagne et la guerre, hélas, vint.

Pendant l'hiver 1939/40, je fabriquai un fuselage avec, à son nez, un moteur de moto Douglas. Il devait entraîner une hélice d' 1,60 m. à 1.400 t/min, par un réducteur à chaîne 1/3. Je ne pouvais que voler en cachette sur un pâturage, dans un coin perdu. Je ne fis que quelques petits vols à faible hauteur. Au dernier essai, le carburo givra et je cassai du bois devant un copain, seul témoin de la scène.

Pendant la guerre, seul le vol à voile était praticable. Je repris le solde du pou n° 1 et fis une nouvelle aile avant au profil à la mode ( le NACA 23012 ), tenue par deux mâts en tôle façonnés et soudés. Ce n'est qu'en mars 1941 que j'en fis la mise au point sur ma colline des débuts, où un skilift était installé. Le planeur, ailes repliées, montait gratuitement avec pilote à bord.

Le 5 janvier 1942, je convoquai deux fonctionnaires de l'Office fédéral de l'air pour des essais officiels; j'oubliais que je n'y avais pas droit, n'ayant pas de brevet de pilote !!! Un ami moniteur me permit après deux jours de prise en mains de passer les brevets A et B de vol à voile; je commençais à être en règle avec les règlements.

   
Le Pou n°2 remonté gratuitement par le skilift.

Louis Cosandey présente son Pou-Planeur n° 3 (?), au rassemblement RSA de 1949, qui avait lieu sur l'aérodrome de Lyon-Satolas. [3]
   

Le fuselage du 3 était fatigué, j'en construisis un nouveau pour en améliorer la finesse; ce petit planeur pesait 68 kg, dont 10 kg pour le train bien amorti. Calculé à +10 et -7G au poids total en vol de 132 kg, les charges alaires étaient de 13 kg/m² pour l'aile avant, 8 kg/m² pour l'aile arrière qui vole dans un air défléchi. Longerons et couples du fuselage en bon sapin 15 x 15 mm, le tout coffré avec du contre-plaqué de bouleau 2 et 1,5 mm.

Le 24 novembre 1942, avec le barographe enregistreur attaché au cou avec une ficelle, je pris mon envol et comme convenu, je restai en l'air une heure en y ajoutant un autre quart d'heure pour épater la galerie : brevet C dans la poche.

Louis Cosandey a fait un résumé savoureux de sa carrière d'aviateur dans un film de la Radio Télévision Suisse qui mérite les quelques 20 minutes de son visionnage [5].


 

Un autre Pou-Planeur a été construit par Mr Guilhabert à Gaillac. Il est vu ici au décollage, peut-être au treuil (?).
On note une différence de cabane et de forme de gouvernail par rapport au Pou de Louis Cosandey. Le volet mobile de l'aile arrière est également plus grand.
[3]

   


Février 1939 : premiers vols du Pou-Planeur n° 1
via [2]

   
Pierre Gentil a modélisé le Pou-Planeur n°1 (avec Metasequoia) pour le simulateur de vol de modèles réduits FMS.

L'article qui suit est très intéressant, car il traduit bien l'état d'esprit qui régnait dans les années 1940 vis à vis de la formule "Pou du Ciel".
Le Pou-Planeur
par F. Tschirren article (en français) publié dans l'Aéro Revue, année inconnue.(via [4])
Qui ne connaît le "Pou du Ciel" dont les frasques chez nous et à l'étranger ont soulevé des vagues d'indignation, qui ne s'en est moqué ou qui peut-être s'y est sérieusement intéressé ? Le fait qu'on a exclu du trafic aérien suisse le Pou du Ciel ou "Fou du Ciel" prouve bien que ce planeur populaire monoplace, à moteur, accuse encore de nombreuses imperfections et n'est pas sans malice; la méfiance dont il est l'objet semble dont tout à fait justifiée.
Le Pou-Planeur n° 277 est une création de M. Cosandey à Bulle qui fut naturellement curieux de connaître comment volerait l'appareil qu'il avait construit. Pour satisfaire ce désir légitime, M. Cosandey prit plusieurs fois le départ sur de petites collines. Les deux roues mobiles du planeur permirent au pilote de décoller sans avoir recours au sandow ou au treuil, en se laissant simplement rouler sur le planeur le long d'une pente abrupte.
Avec une vitesse suffisante, il arriva à augmenter l'angle d'incidence de l'aile avant, en tirant sur le manche, et à son grand étonnement, le Pou s'éleva dans le ciel ! Ces essais n'eurent heureusement pas de conséquences fâcheuses, et enhardi par le succès, le pilote choisit un point de start toujours plus élevé. Par malheur, les autorités compétentes eurent bientôt vent de ces vols clandestins. Souvent déjà des vols secrets avaient provoqué des accidents mortels, portant un grave préjudice à l'aviation en général. Adieu les beaux vols ! M. Cosandey vit son planeur interdit au Belpmoos, soumis à un contrôle sérieux et à des essais en vol.
Voici ce que nous en dit M. W. Ris, chef central de vol à voile ad intérim :
Les vols officiels de réception du Pou-Planeur on eu lieu à Belpmoos du 30 janvier au 1ier février 1942, en présence des organes compétents de l'Office aérien fédéral. Cet avion a été construit par Louis Cosandey, à Bulle (canton de Fribourg).
Chacun sait que les commandes du Pou-Planeur diffèrent des commandes normales, aussi ai-je dû me livrer à un entraînement systématique pour être suffisamment familiarisé avec l'appareil au moment d'effectuer les vols de réception (A la place du gouvernail de profondeur, il y a une aile avant tournante; le gauchissement est remplacé par les extrémités d'ailes relevées; le gouvernail de direction est actionné par le manche, les pieds sont libres.
Au début, j'ai éprouvé quelque peine à maintenir l'appareil dans la bonne direction, vu qu'à la moindre inclinaison de l'aile d'un côté ou de l'autre, je remédiais instinctivement par le geste de gauchissement, équivalent chez le Pou à une déviation latérale du gouvernail de direction. Aussi les premiers vols planés furent-ils en zigzags. J'ai expérimenté en outre que la commande avec les deux mains était plus facile. Au cours de ces essais, j'ai dû faire abstraction de toute intuition ou sentiment, et n'user que du raisonnement. Le start eut lieu au treuil électrique, particulièrement désigné pour de tels essais.
Le vol de réception comportait l'exécution du programme suivant à une hauteur moyenne de 120 mètres :
1° Vol normal (meilleur angle de plané)
2° Pousser le manche jusqu'à 30° environ et faire ensuite monter l'avion en maintenant le "gouvernail de profondeur" braqué.
3° Vol au ralenti.
4° Spirales à gauche et spirales à droite avec atterrissage sous un grand angle.

Des essais en vol piqué n'ont malheureusement pas pu être effectués avec ce planeur, car il faudrait pour cela modifier le siège du pilote pour lui permettre d'emporter un parachute, il faudrait également pouvoir sortir de l'avion avec plus de facilité. On pourrait alors tenter des essais avec remorquage par un avion, puis faire un vol piqué entre 1500 et 100 m d'altitude au dessus de la place de start.
D'après les résultats des vols d'essai et les données techniques mises à disposition, le Pou-Planeur fut admis provisoirement au vol par l'Office aérien fédéral, avec start au treuil et en altitude, pour permettre de nouvelles expérimentations dans ce domaine. Entre temps M. cosandey avait obtenu l'autorisation d'effectuer des vols dans le cadre des épreuves pour les brevets A et B. L'Office aérien fédéral lui conféra le droit provisoire de piloter, lui seul, le Pou-Planeur, ce qui est fort compréhensible.
Pour être adopté comme planeur d'écolage ordinaire dans les groupes de vol à voile de l'Aé.C.S., le Pou-Planeur devra encore subir des modifications et être soumis à diverses formalités. La question se pose : le Pou du Ciel une fois pourvu de commandes normales, et ayant été l'objet de perfectionnements, sera-t-il apte à répondre aux exigences posées, ou disparaîtra-t-il aussi mystérieusement qu'il est apparu ?

MODÈLE RÉDUIT de PAPY SOLEX

Papy Solex donne l'échelle de son Pou (Pou-Baby 2)
Rencontre Inter-Ex 2013, Versoix (CH) [photo Laurent Berlivet]

Jean-Paul FROSSARD, alias Papy Solex, en 2013, a construit et mis au point un Pou Planeur Cosandey. Il a choisi la version "Baby 2" qui, à l'échelle adoptée donne un modèle très imposant :
Échelle 1/2,5
Envergure 260 cm.
Profil FAD 16 épaissi.
Poids 9 kg (charge alaire 74 g/dm2)

On peut suivre toutes les étapes de la construction, et aussi de la mise au point sur le forum Rétroplane.

RÉFÉRENCES
[1] Site de Yves Croses www.croses.fr
[2] Le Sport de l'air, Henri Mignet, 7ième édition, Ed. Gatignol 2000
[3] Le "Pou-Planeur Cosandey", Louis Cosandey Les Ailes n°1220 18 juin 1949
[4] Documents divers via Beat Galliker, archiviste de l'IG Albatros (août 2008)
[5] Icare dans le ciel de la Gruyère , les Archives de la Radio Télévision Suisse, vidéo N&B de 19 minutes, voir la vidéo
Page mise à jour le 08/12/2013
Des vieilles toiles aux planeurs modernes © ClaudeL 2003 -