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Poncelet Castar

Le Poncelet Castar motorisé (moteur Sergant 4 cyl), prêt au décollage - [5]

Année du premier vol : 1923
Pays : Belgique
Développement :

Paul PONCELET

Caractéristiques
Tryptique
Historique

Références

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CARACTÉRISTIQUES
  Type : Atelier de fabrication : SABCA - Paul Poncelet  
 

Envergure : 11,12 m

Vitesse minimale : --- km/h  
  Longueur : 6,55 m Vitesse maximale : --- km/h  
Hauteur : -,-- m Taux de chute mini : -- m/s à -- km/h
  Allongement : --,-- Finesse max : -- à -- km/h  
  Surface alaire : 20,0 m² Profil d'aile : ?  
  Charge alaire : -,- kg/m² Nombre de sièges : 1  
  Masse à vide : 96 kg Nombre de machines construites : ?  
  Masse maximale : 158 kg Années de fabrication : ---- - ----  
  Ballast : non Techniques de construction : Bois et toile  

Les mesures données sont converties depuis [5].
Elles ne correspondent pas au tryptique de l'hydravionnette ci-dessous :
Envergure : 9,60 m
Longueur : 6,80 m
Les masses données dans le tableau correspondent à la configuration planeur. Elles proviennent de la référence [10]
En version motorisée, avec le moteur Sergant 4 cylindres, 17 CV à refroidissement par air, la masse à vide était de 160 kg, et la masse maximale de 222 kg.
Montée à 1000 m en 17 minutes, plafond de 1500 mètres environ, et rayon d'action de l'ordre de 300 km.
Il semblerait, d'après les photos ci-dessous, que profondeur et direction soient monobloc.
L'aile étant sensiblement trapézoïdale, on peut estimer la corde moyenne à 1,80 m, ce qui donnerait un allongement de 5 environ.

TRYPTIQUE ET PLANS
Il n'existerait pas de plan du Castar, mais je remercie M. Charles Mali [6] qui m'a fait parvenir le plan 3 vues de ce projet de Paul Poncelet, présentant de grandes similitudes avec le Castar :  

Hydravionnette "Paul Poncelet" - [6]
Hydravionnette "Paul Poncelet"
Avant projet
Munie de roues permettant l'envol du bord d'un chalutier de pêche aménagé à cet effet. Toutes ses caractéristiques, proportions gardées, sont celles du Castar, qui révéla à Vauville ses qualités de planeur, et à Lympne ses qualités d'avionnette.
Surface portante 15 m 2
Poids en ordre de vol 240 kg
Charge au m 2  : 16 kg
Moteur : Cherub Bristol 20 CV
Charge au CV : 16 kg
Rayon d'action : 400 km
Vitesse possible de 30 à 110 km/h
NB. A l'aide du moteur et d'un sandow, sur une plateforme aménagée, le décollage peut se faire en moins de 4 mètres . 

Remarque : Même si les dimensions générales sont les mêmes que celles du Castar, la forme du gouvernail est elle différente, comme on le voit sur toutes les photos..
 

[Dessin Jean-Pierre Loncour] [10]


HISTOIRE
Paul Poncelet, artisan belge expert dans le travail du bois, avait déjà réalisé un premier avion, inspiré de l'Antoinette, en 1908. Il fut embauché à la SABCA (Société Anonyme Belge de Constructions Aéronautiques, qui avait été créée en 1920) comme contremaître. Passionné par le vol à voile, qui débutait outre-Rhin, il ne tarde guère à concevoir un planeur, qu'il construit avec des moyens rudimentaires après son travail quotidien, en y consacrant tout son temps libre et ses soirées pendant huit mois.[1]


Les premiers vols du Castar, en version planeur, à Haren (près de Bruxelles)
Avant sa transformation en motoplaneur.

Février 1923
Le planeur est prêt pour les premiers essais.
- on peut noter que c'est le premier planeur belge jamais construit -
L'appareil est amené à Haren-Evère, où se trouvent les ateliers de la SABCA. Là, le lieutenant Victor Simonet, pilote à la SABCA, le 10 février 1923, le fit décoller sur une distance de 115 mètres, malgré l'absence totale de vent. Le lendemain, remorqué par une voiture, l'appareil s'éleva à 20 mètres et parcouru 280 mètres en vol plané. Après ces quelques essais, le planeur fut testé en vol plané à Remouchamps et à Lixhe (près de Visé). Il fit quatre vols d'une à deux minutes, et des gains d'altitude de l'ordre de 50 mètres.
Au cinquième atterrissage, SIMONET cassa le planeur : le fuselage dut être entièrement reconstruit.
Cette reconstruction fut mise à profit pour installer sur le planeur un moteur (amovible) Anzani développant 7 CV. Lors du premier vol, Victor SIMONET tint l'air 45 minutes et monta jusqu'à une altitude de 1100 mètres, survolant Bruxelles.
Le Castar fut immatriculé O-BAFG le 18 juillet 1923. [5] [10]

Vauville 1923
La SABCA décide de faire participer le planeur de Paul Poncelet au Deuxième congrès expérimental de vol sans moteur, qui doit avoir lieu à Vauville (près de Cherbourg-France) du 5 au 26 août 1923,
et il est inscrit avec le n° 7. La machine, qui a pris le nom de Poncelet-Castar (castar étant un euphémisme belge pour costaud dans un sens quelque peu péjoratif). après sa motorisation, quitte Bruxelles par la voie des airs pour se rendre à Vauville. Le convoyage, comme on va le voir, ne sera pas de tout repos.

Laissons raconter la suite de la participation du Castar au Congrès de Vauville, à Georges Houard, rédacteur du journal "Les Ailes", qui a fait un compte-rendu au jour le jour de ce célèbre meeting [2]
...
6 août 1923
- On attend les appareils belges dont l'arrivée est annoncée...
9 août
- On attend toujours Victor Simonet et son avion Poncelet. Parti de Bruxelles dans d'excellentes conditions, Simonet vint atterrir à Valenciennes où on l'empêcha d'aller plus loin, le pilote belge n'ayant pas, pour la douane, les papiers nécessaires. Il fallut trois jours pour arranger l'affaire. Simonet repartit, se dirigea sur la côte qu'il atteignit et qu'il suivit jusqu'au Crotoy. Depuis, on l'attend chaque jour à Vauville.
11 août
- On apprend que Victor Simonet est malade à Montreuil-sur-Mer où il a atterri avec son planeur Poncelet. Il est question qu'un autre pilote belge vienne chercher l'appareil pour l'amener à Vauville.
12 août
- L'avionnette Poncelet, malheureusement, est en panne à Saint-Valéry-en-Caux. Simonet, rétabli, avait repris son vol quand il fut victime d'un accident de moteur : l'éclatement d'un cylindre . On ignore encore si l'accident pourra être réparé.
15 août
- Il faut signaler l'arrivée de Poncelet, venu du Havre à Cherbourg à bord d'un remorqueur en compagnie de son pilote, le sympathique V. Simonet, de son constructeur Poncelet et du commandant Massaux. De Saint-Valéry-en-Caux où survint l'avarie que nous avons signalée, le planeur fut transporté jusqu'au Havre par les soins de M. Demontié, directeur de la SABCA qui, pour cela, avait quitté précipitamment Vauville où il se trouvait depuis le début du congrès. Il faut se souvenir que l'appareil Poncelet était une planeur que l'on a transformé en avionnette, et non une avionnette dont on a fait un planeur.
Comme avionnette – avec un moteur donnant une puissance maximum de 10 CV, il est allé de Bruxelles à Valenciennes, puis de Valenciennes jusqu'à Saint-Valéry-en-Caux.
17 août
L'après-midi les expérience reprirent (le matin obsèques de Jean Hemmerdinger) et débutèrent par un vol magnifique du planeur Poncelet. Victor Simonet – qui est, rappelons-le, notre dévoué correspondant de Bruxelles – prit place dans l'appareil et à 3h52 décollait, en quelques mètres, presque sur place. Le vent soufflait enfin de l'ouest à une vitesse moyenne d'environ 10 m/s.
L'ascendance du vent était remarquable et en deux ou trois minutes, Simonet se trouvait à plus de 150 mètres de hauteur. Après être resté un bon moment sur place, il commençait à naviguer le long de la crête, accomplissant des évolutions qui soulevèrent l'admiration des spectateurs. Lorsqu'il se décida à atterrir, Simonet réalisa une des plus belles manœuvres que nous ayons vues, louvoyant, virant au-dessus du camp avant de « prendre son terrain ». Il arriva enfin dans la ligne des hangars, traversa le camp à 1 mètre du sol, frôla le sol et, repris par le courant ascendant, repartit de plus belle à 100 mètres de haut. On eu vraiment l'impression d'un avion à moteur dont le pilote « remettait la sauce » - pour employer l'expression consacrée – au moment opportun. Après avoir été virer sur Vauville, Simonet atterrissait sur la plage, face au camp, après avoir volé à voile 47 min 35 sec. Seul, le brouillard qui se levait, le crachin local, avait obligé l'excellent pilote belge à atterrir.
Sa machine créée par Paul Poncelet, est une belle réalisation, dont la jeune industrie aéronautique belge peut être justement fière.
18 août
... Simonet et Maneyrol nous font assister à un duel franco-belge dont on ignore encore l'issue. Quel que soit le lauréat, nous le saluerons avec la même joie. La Belgique a fait un si bel effort qu'elle mérite d'en être récompensée avec ses sympathiques représentants.
Le planeur Poncelet avait été remonté le matin de la plage ; dès le début de l'après-midi, il était prêt pour un nouveau vol. Et effectivement, Simonet s'envolait comme la veille, avec la même facilté, dans un style de toute beauté. Il vola ainsi 1 heure 2 minutes 3 secondes, au cours de laquelle il atteignit l'altitude de 182 mètres au-dessus de son point de départ, devenant par cette performance détenteur du Prix Louis Bréguet.
Par son vol d'hier, Simonet, de plus, venait en tête des expériences de durée et de totalisation des durées. Maneyrol allait lui ravir cette place….
19 août
Le match France-Belgique se poursuit. A 8h30 du matin, Simonet prend le départ pour un vol qui va durer 50 minutes 17 secondes. Le bon pilote belge s'est trop avancé au-dessus de Vauville et de la mer. Il a quitté la zone favorable et après dix minutes d'admirables efforts, ne pouvant remonter la côte, il se décide à atterrir sur la plage. La Belgique est revenue en tête de la totalisation avec 2 h 48 m 55 s.
A 14 heures 17, le planeur Poncelet ayant été remonté au camp, Simonet s'envole de nouveau. Sa maîtrise augmente visiblement avec l'expérience. Sa connaissance du terrain lui permet maintenant des évolutions beaucoup plus hardies en avant aussi bien qu'en arrière de la crête.
Tandis que Simonet poursuit sa ronde, Maneyrol décolle sur son Peyret. Les deux appareils volent de conserve et, de ce fait, l'intérêt du spectacle augmente. Simonet se tient toujours à 50 mètres au dessus de Maneyrol qui vire, monte, descend avec une aisance parfaite. Maneyrol a quitté le sol à 14h40 ; il revient atterrir au même point que la veille après avoir tenu l'air 2 heures 39 minutes 41 secondes. Avec son vol d'hier, Maneyrol totalise ainsi 4 heures 53 minutes 16 secondes.
Quelques minutes après l'atterrissage de Maneyrol, Simonet qui a viré sur Vauville, revient à toute allure, amorce un nouveau virage, pique, se redresse, et se pose doucement sur le terrain où, comme Maneyrol d'ailleurs, il est vivement acclamé. Simonet a volé 2 heures 58 minutes 43 secondes ce qui porte à 5 heures 47 minutes et 8 secondes son chiffre de totalisation.
Simonet conserve donc la tête des expériences de totalisation et reprend la première place des expériences de durée.


Le roi Albert de Belgique en visite à l'aérodrome d'Evère (?) devant le Castar
équipé du moteur Sergant. L'aviette porte encore le n° 21 d'inscription au concours de Lympne. A droite Paul Poncelet [8]
20 août
…(Le matin Maneyrol vole 2 heures 40 minutes).
…Simonet lui, sur son excellent planeur Poncelet, partait à 9h11 avec la même facilité que les jours précédents. Il volait 54 minutes, arrêté au bout de ce temps par la brume et le fameux crachin. Obligé d'aller se poser sur la plage, il essayait de prolonger son vol le plus possible et y réussissait assez bien puisqu'il allait atterrir à 3 km 200 de son point de départ. Simonet prenait donc la première place des vols de distance.Dans l'après-midi, le temps s'améliorait. Maneyrol, sérieusement souffrant, avait dû regagner Cherbourg, laissant la place libre à Simonet. Le bon pilote belge s'envolait de nouveau à 15 heures 30. Hélas, la brume revenait avec plus d'intensité que jamais, interrompant une randonnée bien commencée. Simonet allait être contraint d'atterrir. Il s'y décida en cherchant à améliorer la performance de distance qu'il avait accomplie le matin. Se dirigeant vers Siouville, il s'approcha de la plage où la haute falaise fait place à de petites dunes de 3 à 6 mètres de haut. Et au dessus de ces dunes, Simonet trouva encore un courant suffisant pour le porter, entre 4 et 5 mètres d'altitude, deux kilomètres plus loin, où il se posa définitivement. L'expérience était remarquable : des dunes ayant moins de 6 m de haut, parfois moins de 3 m , permettent à un planeur de se sustenter sans le secours d'un moteur. Simonet dont le vol avait duré 40 minutes, était allé atterrir à 5 km 10 de son point de départ.
21 août
- … L'après-midi est marqué par les départs successifs à 2 minutes d'intervalle, de Simonet et de Maneyrol. Le duel franco-belge, duel amical, loyal, intéressant, continue avec plus d'âpreté que jamais. Il allait durer jusqu'à la nuit et se terminer, pour la journée, par la victoire de Maneyrol. Un peu après 20 heures, Simonet, transi et fatigué, revient atterrir : il a volé 4 heures 6 minutes 20 secondes. Maneyrol continue, puis se pose alors que le soleil se cache derrière l'île d'Aurigny dans un décor incomparable. Maneyrol a volé 4 heures 22 minutes 13 secondes.
Maneyrol repasse en tête des expériences de durée avec ce temps, et de totalisation avec 11 heures 55 minutes 29 secondes. Les chiffres de Simonet sont de 4 heures 6 minutes 20 secondes et 11 heures 27 minutes 28 secondes. Simonet a en outre atteint la hauteur de 221 mètres .
22 août
- …Simonet, de son côté, partait à 9 h 26 et faisait un vol de 50 m . 50 s. sur son planeur Poncelet. Il reprenait ainsi la première place de la totalisation avec 12 h 27 m 18 s. Le barographe indiqua une hauteur de 180 mètres.
23 août
- Le vent a tourné au Sud, glissant maintenant sur les falaises de Vauville au lieu de les attaquer de front. L'ascendance n'est pas fameuse. Mais le planeur Poncelet a tout de même pris l'air pour un vol que Simonet a réussi à étendre pendant 1 h 33 m 10 s. Simonet est vraiment un pilote étonnant ; il joint à cette qualité professionnelle une simplicité et une modestie rares que les lecteurs des Ailes ont d'ailleurs pu apprécier depuis longtemps. Le petit groupe belge qui est à Vauville ne compte que des amis tant il s'est rendu sympatique.
Avec son joli vol de la matinée, le planeur Poncelet totalise à présent le chiffre respectable de 17 h 39 m 58 s. Le planeur Peyret de Maneyrol vient en second avec 11 h 55 m 29 s.
24 août
- …C'est d'abord Maneyrol qui, après un départ assez émouvant sur le tandem Peyret, prend de la hauteur et commence ses évolutions tantôt au-dessus de la mer, tantôt au dessus des landes. Il devait ainsi voler 3 h 14 m 30s.
Simonet suivit Maneyrol dans l'espace, mais par suite d'un brusque retour du sandow, celui-ci resta accroché à l'appareil et s'en alla avec lui. Simonet qui « sentait que quelque chose n'allait pas «  ne s'aperçut pas de sa surcharge imprévue… Il tint l'air 10 minutes, mais ne parvenant pas à prendre de la hauteur, il atterrit dans le pré du … Le sandow qui pesait plus de 15 kg et mesurait 40 à 50 mètres de long offrait une énorme résistance à l'avancement de la machine et il est même remarquable que celle-ci ait pu voler aussi longtemps dans de telles conditions.
L'équipe belge, accourue avec quelques marins, aida Simonet à remonter le planeur au camp, d'où il repartit sans encombre cette fois, pour un beau vol de 1 h 44 m 50 s. Mais pendant ce temps, Maneyrol avait regagné deux heures sur la totalisation de Simonet. Celui-ci, néanmoins, conservait la tête….
25 août
- … Tandis que les avionnettes évoluaient, les planeurs ne restaient pas inactifs. Simonet augmentait sa totalisation en volant 2 h 39 m 20 s…
26 août
– Pas de chance. Le vent souffle violemment mais la pluie l'accompagne. Les crêtes de Vauville-Biville disparaissent complètement dans le brouillard. Vers 13 heures, le temps s'améliore légèrement.
Et sans attendre davantage, Thoret et son Bardin s'envolent, suivis bientôt par Simonet sur son planeur Poncelet. Simonet pour son dernier vol, va tenir l'air 2 heures 11 minutes. Il aura ainsi totalisé pendant les dix derniers jours du Congrès, 24 heures 25 minutes 8 secondes. Le vaillant pilote belge a dépassé le record de totalisation établi à Biskra par Descamps.
La Belgique peut être fière de son pilote qui, servi, il est vrai, par un excellent appareil, aura fait preuve durant son séjour à Vauville d'une endurance exemplaire.

Finalement les résultats de Victor Simonet sur le Poncelet Castar furent les suivants :
Vol de durée  : 3e avec 4 h 6 m 20 s (Prix de la Ville de Cherbourg)
Totalisation  : premier avec 24 h 25 m 8 s (4000 francs, Prix du Conseil général de la Manche )
Hauteur : 1ier avec 295 mètres (5000 francs, Prix Louis Bréguet, plaquette de vermeil de l'Aéro-club de France)
Distance : 2e avec 5 km 100 (4000 francs, Prix Charles Renard)
Ses amis se souviennent du télégramme qu'il reçut à cette occasion et qui était ainsi libellé :
Félicitations et amitiés – Albert
.
Il chercha assez longtemps qui avait pu le lui envoyer ; enfin quelqu'un trouva, l'expéditeur était simplement le roi des Belges ».
C'est Eric Nessler qui raconte cette anecdote dans son livre
« Histoire du vol à voile ».
Victor Simonet a décrit ses vols à Vauville dans un article publié dans "La conquète de l'air"
[9]
A son retour en Belgique, Victor Simonet prospecte les pentes dans la région de Liège, Remouchamps, Visé, une fois le Castar remotorisé avec un moteur Coventry-Victor développant 16 CV.

Lympne 1923
Le Royal Aero-Club britannique a organisé en octobre 1923, à Lympne, dans le Kent, un concours richement doté, réservé aux aviettes (avions légers équipés de moteurs de faible puissance. Il s'agissait souvent de planeurs motorisés. On parlerait maintenant de motoplaneurs).


Croquis du Castar extrait de [6]

Victor Simonet, dans le poste de pilotage de son Castar
durant le meeting de Lympne.

Trois prix furent disputés : un concours de distance à consommation donnée, un concours de vitesse et un d'altitude.
Les planeurs motorisés de Paul Poncelet, Castar et Vivette furent inscrits à ce meeting de Lympne par J.B. Richard et J.A. de Ro respectivement, mais uniquement pour le concours d'altitude.
Les performances du moteur Coventry-Victor ayant été décevantes, le Castar fut équipé d'un moteur Sergant, (4 cylindres verticaux, à refroidissement par air, de 750 cm3 est utilisé. Un réducteur est intégré à ce moteur).
Le Castar,
se rendit en Angleterre par ses propres moyens, traversant la Manche, en compagnie du Vivette (équipé du même moteur).

Le Castar, piloté par Victor Simonet, fit un excellent début de concours, mais ne battit pas de record dans cette épreuve. Il faut toutefois signaler qu'il a volé à une vitesse de 58 mph (plus de 100 km/h) ce qui l'aurait classé cinquième dans le concours de vitesse.
Notons que Le Vivette, piloté par le lieutenant baron Kervyn de Lettenhove, eut moins de chance : il fut accidenté au cours d'un décollage. [6]

Vauville 1925

 

Un meeting expérimental fut de nouveau organisé à Vauville par l'AFA (Association française aérienne) du 26 juillet au 9 août 1925. Les participants pouvaient présenter à ce concours :
- des appareils de vol à voile
- des avionnettes monoplace ou biplace
- des appareils de bord ou de laboratoire.
La SABCA a présenté trois appareils dans la catégorie planeurs :
- Monoplan Poncelet Castar (pilote Lieutenant Victor Simonet)
- Monoplan Poncelet Vivette (pilote Commandant Massaux)
- Monoplan De Glymes (pilote Lieutenant Demblon)

Si l'on en croit la photo ci-dessous, le Castar était équipé de son moteur, mais l'appareil a concouru dans la catégorie "appareils de vol à voile", donc le moteur devait être rendu inutilisable.
Nous laissons ici encore la plume à Georges Houard dont le journal "Les Ailes" a couvert l'évènement pour ses lecteurs [2]

Samedi 25 juillet 1925
- …On amène sur la piste le planeur Ferber, le planeur Poncelet-Vivette, le planeur de Glymes, le planeur Nessler, puis une peut plus tard le planeur Sablier.
Lancés au sandow en terrain plat, les planeurs Ferber et Vivette accomplissent d'abord plusieurs bonds qui n'atteignent pas les 10 secondes exigées. Puis le commandant Massaux repart et se qualifie avec 11 s 4/5.
Dimanche 26 juillet 1925
- A 9 h 55 m 18 s, le lieutenant Demblon, sur planeur de Glymes prend son envol, suivi à 10 h 20 m 2 s par Victor Simonet, sur le Poncelet Castar. A 10 h 47 m 46 s, le Commandant Massaux, sur le Poncelet Vivette, s'envole à son tour. Les trois pilotes belges commençaient leur ronde régulière entre Vauville et Siouville (ou Slouville ?), montant, descendant alternativement, s'éloignant parfois à très grande distance de leur point de départ, rasant les dunes du bord de mer, ou au contraire, prenant une altitude considérable. Le vol silencieux de ces trois machines de grande envergure était vraiment splendide.
A 16 heures, les trois planeurs tournaient encore. Le lieutenant Demblon avait dépassé les six heures de vol. On avait dès lors, l'impression que les trois pilotes belges voulaient au cours de cette première journée, battre le record du monde de durée, officiellement détenu par Maneyrol avec 8 h 04 m .
A 16 h 30, Alfred Auger se qualifie aisément avec le planeur Abrial-Peyret, et à 16 h 49, il prend le départ pour un vol au cours duquel il s'élève à plus de 700 m au dessus du point de départ,battant ainsi le record du monde d'altitude détenu par Descamp.


Le lieutenant Victor Simonet devant le Castar.
Le moteur semble être l'Anzani 7-10 CV
En chapeau, M. Demonty ingénieur à la SABCA [1]
L'accident de Simonet.
C'est un peu avant l'atterrissage d'Auger que le chronométreur M. Matabon et le commissaire qui suit le vol des planeurs signalent la disparition de Simonet.. On attend un peu ; il ne réapparaît pas. Une voiture officielle part à sa recherche. Nulle inquiétude encore : Simonet, pense-t-on, a simplement atterri quelque part vers Siouville. Van Opstal, qui va prendre le départ pour la course quotidienne des aviettes, prévient que s'il voit le planeur de Simonet, il lancera un message situant le lieu de l'atterrissage, afin qu'on aille à coup sûr le dépanner.
Ici se passe l'évènement douloureux de la journée, qui jette sur notre joie un voile d'infinie tristesse. Van Opstal et de Bruyker nous ont lancé à leur premier passage, un plan qui situe l'endroit où Simonet est descendu : c'est dans le ravin de Biville. Nous n'insisterons pas sur les alternatives d'espoir et d'inquiétude par lesquelles nous passons une heure durant où des bruits contradictoires nous arrivent. Disons seulement qu'à 18 heures, la nouvelle officielle nous parvient : on a retrouvé le pauvre Simonet tué à côté de son appareil brisé.
La journée s'achève dans la plus sombre tristesse. Là-haut, pourtant, les deux pilotes belges tournent encore, dans l'ignorance où ils sont du malheur qui vient de nous frapper. Ils battent des records. A 18 h, le lieutenant Demblon a battu le record officiel de durée qui était encore à Maneyrol. A 19 h 7 m il a battu le record officieux du sergent Wernert. Le Commandant Massaux sur le Vivette atteint à son tour les chiffres records. Nous devrions crier notre joie et cependant l'accident de Simonet fait que nous nous taisons et, à vrai dire, ne souhaitons qu'une chose : l'atterrissage des deux planeurs.
Le soir, le lieutenant Demblon, obligé d'atterrir sur la plage se posait si malencontreusement qu'il brisait complètement son planeur et qu'il ne dut qu'à son casque de ne pas être sérieusement blessé.
Ces deux accidents furent dus tous les deux à des ruptures de commande : rupture de la commande de profondeur de Simonet, et rupture de la commande de gauchissement de M. Demblon.
Ainsi se termina tragiquement l'histoire du Castar.

 

     
RÉFÉRENCES

[1] Vauville, la version belge, Francis Humblet
in Vieilles Plumes n°12, "Les années 1923 à 1932", Commission historique de la FFVV, automne 2001.
[2]
Compte-rendu des Congrès expérimentaux de Vauville en 1923 et 1925, Pierre Vaysse et Jacques Marceau
in Vieilles Plumes n°12, "Les années 1923 à 1932", Commission historique de la FFVV, automne 2001.
[3] Les faucheurs de marguerites, Association de propriétaires et d'amateurs de planeurs anciens. Page d'histoire http://www.faucheurs.com/faucheurs/histoire.htm
[4] BAHA,Belgian Aviation History Association, site de Daniel Brackx, http://www.baha.be/Webpages/Navigator/Photos/CivilPics/first_register/poncelet_castar.htm
[5] The belgian civil register, http://www.asa-be.com/photogallery_BCR_O-B.htm
[6]
Rapport technique du NACA sur les appareils ayant participé au meeting de Lympne en 1923
http://ntrs.nasa.gov/archive/nasa/casi.ntrs.nasa.gov/19930086284_1993086284.pdf
[7] Les avions SABCA et associés (prototypes et projets) , par Charles Mali, Fond national Alfred Renard : http://www.fnar.be/
Présentation de l'ouvrage : http://www.aerostories.org/~aerobiblio/article966.html
[8] Flight archives, 8 décembre 1923.
[9] La Conquête de l'air N° 18 du 15 septembre 1923, reproduite dans la revue "Les Cahiers des Faucheurs de Marguerites" du 3ème trimestre 2003. Article dans lequel Victor Simonet raconte ses vols historiques à Vauville en 1923.
[10] SABCA-Poncelet Castar, Brussels Air Museum Magazine N° 163 (3e trimestre 2014). Article avec 2 photos, plan 3 vues et specs.

Page créée le 14/01/2009, dernière mise à jour 06/01/2015
Des vieilles toiles aux planeurs modernes © ClaudeL 2003 -