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Vélo vole ?

Dès les débuts de l’aviation, les pionniers ont tout de suite cherché à faire voler des machines à l’aide de la seule force musculaire humaine et l’idée d’adapter des ailes à une bicyclette s’est tout naturellement imposée, le vélo étant le véhicule qui permet d'exploiter au mieux les muscles humains les plus puissants (ceux des jambes),  et  avec lequel il est possible d’atteindre, moyennant un effort raisonnable, des vitesses suffisantes pour pouvoir espérer décoller.

1885-90 - Dumitru Matache POPESCU

Vers 1885-90 Dumitru Matache Popescu, un roumain né à Titesti Muscel, aidé par des charpentiers, installe des ailes sur une bicyclette et fait des essais sur une pente près du monastère de Titesti. Malgré de multiples casses de matériel et blessures corporelles, il persiste dans ses tentatives de décollage. Il installe sur sa machine une hélice entraînée par le pédalier et finit par réaliser quelques petits vols. Puis il quitte Titesti, devient forgeron et son intérêt se tourne alors vers les aérostats.

1901 - Jean-René LAGASSE

Jean-René Lagasse était un passionné d’aviation, qui se fera connaître dans les années 1920 en dessinant, entre autres machines, les planeurs école Éole et Sulky, et en créant à Balma, près de Toulouse (France) une école de vol sans moteur. Mais à l’aube du XXè Siècle, il avait déjà une expérience certaine de la construction comme le montre la photo ci-dessous :


En 1901 le toulousain  Jean-René Lagasse construit  une machine de sa conception,
avec laquelle il aurait, dit-on, réalisé quelques sauts
[1]

 1901 - Le record de Peter O'CONNOR
Le 5 août 1901, Peter O’Connor, un irlandais réalise à Dublin un saut de 7,61 mètres. [3]
 1904 - "Aeroplano" de Guido DINELLI

El aparato utilizado fue descripto en un artículo publicado en 1904 por el periódico Luz y Verdad de la ciudad de Tandil, en donde se dice: “Hemos tenido ocasión de hablar con el señor Guido Dinelli, inventor y constructor del “Aeroplano” (sic), y nos comunica: que él no pretende, como ha dicho un colega local y ha sido repetido por la masa popular, volar por los aires o elevarse con su aparato desde las sierras; sino simplemente a favor de una ráfaga de viento que tendrá que aprovechar, deslizarse desde lo alto de la sierra de la calle Belgrano y llegar a estabilizarse en el aire. Pesa el aparato, con el señor Dinelli incluso, 96 kilos, y es enteramente sencillo. El experimento no responde a un fin especulativo como dicen algunas malas lenguas; es puramente una prueba científica. El señor Dinelli no puede fijar la hora en que ésta se verificará; será desde la una de la tarde, de mañana en adelante, pues tiene que esperar que el viento lo favorezca”.
L'appareil utilisé a été décrit dans un article publié en 1904 par le journal Lumière et la Vérité de la ville de Tandil, où il est dit: « Nous avons eu l'occasion de parler à M. Guido Dinelli, inventeur et constructeur du » avion « (sic) et nous communiquons: qu'il n'a pas l'intention, comme vous l'avez dit un collègue local et a été répétée par les masses, souffler ou augmenter avec votre appareil de la montagne; mais simplement en faveur d'un coup de vent qui profitera, glisser du haut de la rue de montagne Belgrano et obtenir à se stabiliser dans l'air. Pèse l'appareil, avec M. Dinelli même 96 kilos et est tout à fait simple. L'expérience ne répond pas à un but spéculatif que certains commères disent; Il est purement un test scientifique. M. Dinelli ne peut pas régler l'heure où il est vérifié; sera d'un l'après-midi de demain, il doit attendre les faveurs de vent ".

En la edición del 1 de octubre de 1944 del diario La Nueva Era de la ciudad de Tandil se publicó por primera vez la conocida fotografía del planeador, con un epígrafe que, sin mencionar al protagonista, decía: “Aquí está la bicicleta aérea, avión primitivo, fruto de la imaginación de un entusiasta, cuyo coraje lo llevó hasta hacer la gran prueba en Tandil. A una bicicleta le adosó unas alas y algo parecido a un toldo o dosel. Con solamente estos elementos pretendió volar. Han pasado cuarenta años desde esa fecha en que, este precursor del progreso aéreo, convocó la curiosidad de las gentes que no salían de su asombro..
« Voici le vélo aérien: Dans l'édition du 1er Octobre 1944, le journal La Nueva Era ville de Tandil a été publié la première photographie connue du planeur, avec une épigraphe, sans parler de la protagoniste, at-il dit primitive, fruit de l'imagination d'un passionné, dont le courage l'a amené à faire le grand test dans Tandil. Une bicyclette ailes et il se penchait quelque chose comme un auvent ou un auvent. Avec seulement ces éléments destinés à voler. Quarante ans se sont écoulés depuis cette date, cette progression précurseur de l'air, appelé la curiosité des gens qui ne sont étonnés ..


Guido DINELLI sur son "Aeroplano" [20]

Desde la altura del Cerro Garibaldi se lanzó al espacio. No voló. Aterrizó y lo que es peor, contra una piedra. La gente había previsto el desenlace; pero no imaginaba a que altura rayaría el progreso aéreo en estos tiempos. “Esta fotografía había sido tomada en 1904 por el vecino Carlos Pierroni, y fue luego reproducida en casi todos los trabajos sobre este tema, pero por motivos desconocidos se le atribuyó la paternidad del planeador principalmente a Pablo Suárez, mencionándose a Guido Dinelli sólo en forma muy tangencial, cuando en realidad la actuación de Suárez, si existió, se limitó a la de un simple espectador del vuelo.
De la hauteur du mont Garibaldi a été lancé dans l'espace. Il n'a pas volé. Il a atterri et ce qui est pire, contre une pierre. Les gens avaient prédit les résultats; mais pas imaginer que la hauteur avoisinerait les progrès de l'air dans ces temps. « Cette photographie a été prise en 1904 par le voisin Carlos Pierroni, et a ensuite été reproduit dans presque tous les travaux à ce sujet, mais pour des raisons inconnues, il a attribué la paternité du planeur principalement Pablo Suárez, Guido mentionner Dinelli seule façon très tangentielle, alors qu'en fait, la performance de Suarez, si elle existait, se limitait à un simple vol spectateur.

 1904 - Le "cycloplane" de SCHMUTZ


 [17]

1906 - L'Aerocicloplano d'Aldo CORAZZA

En 1906, un pionnier italien du vol sans moteur, Aldo CORAZZA, qui correspondait avec Octave Chanute et avait déjà construit deux planeurs légers depuis 1904, dessine et construit une machine à propulsion musculaire  très originale, qu’il appelle l’Aérocicloplano. La machine à peine terminée, il est expressément invité par le Comte Almerico da Schio à participer à l’exposition internationale de Milan de 1906. L’Aerocicloplano y eut un grand succès et Aldo Corazza obtint la médaille d’argent de l’exposition. [4]


L’Aerocicloplano d’Aldo Corazza

L’appareil était un biplan avec deux ailes intermédiaires disposées longitudinalement. La stabilité longitudinale était assurée par un plan canard à l’avant. L’ensemble était fixé sur une bicyclette quelque peu modifiée pour assurer l’entraînement de deux hélices lors du pédalage. La  machine pesait 51 kilogrammes.
 Après l’exposition de Milan, Corazza avait inscrit sa machine à un concours qui devait avoir lieu à Brunate. Pour on ne sait trop quelle raison, le concours fut annulé et Corazza rentra chez lui à Este sans avoir pu tenter de faire voler l’Aerocicloplano.
Il envisagea alors de remplacer la bicyclette par une motocyclette, mais n’ayant pu obtenir de subvention du gouvernement italien, à la fin de 1906, il transforma radicalement la machine en planeur léger : exit le vélo, les hélices et les ailes intermédiaires. L’ajout d’un plan stabilisateur arrière lui permit d’obtenir un planeur tout à fait satisfaisant avec lequel il effectua l’année suivante quelques petits vols dans les collines des environs de Este.
Ainsi s’acheva la carrière aéronautique du pionnier Aldo Corazza. [4]


Aldo Corazza volant avec l’Aerocicloplano reconverti en planeur.

1907 - La première expérience de Luigi Teichfuss

En 1907, le jeune et intrépide Luigi Teichfuss, âgé de 23 ans, champion cycliste reconnu construit un appareil à propulsion musculaire de sa conception : monoplan, entraînement d’une grande hélice basé sur une mécanique de bicyclette. Le jeune champion, enthousiaste mais aussi un brin inconscient, avait une foi inébranlable en son appareil et ses capacités athlétiques. [5]



Luigi Teichfuss juste avant sa tentative malheureuse de vol. Deux pierres calent les roues le temps de la prise de vue.

Malgré l’altitude élevée (1400 mètres) il n’hésita pas à tenter de mettre en l’air son engin sur une pente herbeuse de la montagne de Pian del Falco, près de Sestola (Modène) où il habitait.
Et voilà notre valeureux champion, pédalant de toute son énergie dans la pente qui défile sous ses roues, toujours dans l’herbe et refusant désespérément de décoller jusqu’à … l’extrémité du pré. Résultat : appareil complètement détruit,  constructeur-pilote meutri et dents cassés par la violente rencontre avec la tige métallique qui servait de longeron et passait devant le « poste de pilotage » !
Luigi Teichfuss effacera brillamment ce cuisant échec en devenant pendant deux décennies (de 1920 à 1943) le plus prolifique designer de planeurs en Italie.

Un inventeur mexicain en 1908  

L'Aerocurvo en construction, présentée par Manuel VENTOSA, son inventeur [10]
On trouve trace d'un inventeur, le catalan Manuel VENTOSA, qui a construit, en 1908, une bicyclette volante, appelée Aerocurvo , avec laquelle il aurait réalisé un certain nombre de "vols" de démonstration à Puebla (Mexique) [10]
1909 - Le Cycloplane de DRUIFF & NEATE
En 1909, Mrs. C.G. Spencer & Co. de Highbury, Londres, construisent une machine volante à propulsion par pédalage, pour les deux designers DRUIFF et NEATE.
Les pédales entraînaient un hélice de 1,22 m de diamètre [l'installation d'un moteur avait été envisagée]. Les ailerons en bouts d'ailes et l'empennage étaient commandés depuis le guidon par des câbles
Envergure 6,10 m. Corde 1,52 m. Surface alaire 100 sq ft. Poids 23 kg


[14] [15]

1909 - Les appareils de Andrew L. DUGUE
La même année, durant l'automne, un britannique dénommé Andrew DUGUE construit deux machines volantes.
The No.1 machine had a monoplane wing mounted on a bicycle. A rear extension carried a rudder linked to the handlebars and a propeller driven by a system of chains and sprockets linked to the bicycle's pedals. A front extension carried an elevator controlled by a joystick.
The No.2 machine was similar in layout but had the airscrew mounted in front of the handlebars. .


[16]

1909 - Le "cycloplane" du Comte Gustave de PUISEUX

En 1908-1909, le Comte Gustave de PUISEUX conçoit une bicyclette volante et la construit (ou fait construire) avec le constructeur d'aéroplanes G. VINET.
"Sur la bicyclette sont fixés 4 tubes qui soutiennent le corps de l'appareil. Le corps de l'appareil est constitué par un long fuseau en bambou de 5 mètres de long. A l'avant une hélice de 1,10 mètre de diamètre. A ce corps viennent se fixer deux ailes qui constituent la surface de sustentation. Ces ailes ont 3,50 m² de surface totale et sont faites en bambou et toile Continental. Elles sont reliées au corps de l'appareil par des câbles d'acier, de façon à constituer un ensemble rigide. A l'arrière le plan stabilisateur. L'effort de traction pour assurer la marche de la bicyclette est fourni par l'hélice qui est actionnée par les pédales, lesquelles font marcher une jante poulie fixée à la roue arrière de la bicyclette. Poids total de l'appareil 33 kilogrammes."

Des essais sont menés à Ouistreham (Calvados), où se trouve la propriété de la famille de Puiseux. On ignore ce que ces essais ont pu donner... [35]



Le Cycloplane à Ouistreham (Manche) - 1909
D'après l'Aérophile, de Puiseux avait précédemment conçu l'aéroplane à propulsion musculaire ci-dessous.

Appareil à propulsion musculaire du Comte de Puiseux [L'Aérophile, 1 mai 1912]
Les prix et concours de l'année 1912
L'année 1912 marquera le développement d'un mouvement en faveur du "vol à propulsion musculaire" qui se traduira par l'offre de divers Prix et l'organisation de plusieurs concours.
9 janvier 1912 : Emmanuel Aimé publie un article "La bicyclette volante, l'aviette" dans le journal L'Auto, "où il explique comment il conçoit la chose possible de voler à l'aide d'une simple bicyclette un peu transformée". C'est dans cet article qu'il introduit le terme "aviette" qui sera immédiatement adopté par la communauté.
Ce journaliste écrira régulièrement des articles dans le quotidien L'Auto et sera le promoteur le plus zélé de la formule.
"La bicyclette volante, l'aviette", par Emmanuel Aimé, L'Auto mardi 9 janvier 1912.
Le dessin ci-dessous traduit bien l'enthousiasme qui animait certains optimistes en 1912 !

[L'Auto 2 juin 1912]
Le prix Peugeot (Prix du Décamètre)
Au début de l'année 1912, Robert PEUGEOT, industriel français bien connu pour ses constructions automobiles et ses cycles, offre un prix de 10 000 francs au premier « pilote »  qui décollerait du sol grâce à sa seule force musculaire et parcourrait une distance minimale de 10 mètres. Le saut devait être effectué deux fois, dans deux directions opposées afin de compenser l’effet du vent éventuel soufflant au moment des essais.


Le 2 février 1912, L'Auto publie le règlement officiel de ce Prix.
"Le Prix Peugeot : dix mille francs pour un décamètre de vol humain", , par Emmanuel Aimé, L'Auto vendredi 2 février 1912.
14 février 1912 : un complément du règlement est publié, toujours par L'Auto.
"Le concours de l'aviette : L'Auto reçoit les engagements du Prix Peugeot"

 
Prix Georges J. DUBOS pour les aviettes à ailes battantes
Bernard J. DUBOS
[L'Auto 5 juillet] [L'Aérophile 1ier mars 1913]
Le prix du Décimètre (Prix Georges DUBOIS)

 Au cours du printemps, un certain Georges DUBOIS LE COUR [on trouve aussi simplement le nom de Georges Dubois], offre un prix d’un montant de 500 francs, qui sera attribué au premier "avietteur" qui pourra effectuer, dans les deux sens, un bond de 1 mètre minimum (plus la longueur de l'aviette) à une hauteur minimale de 10 centimètres.
[L'Auto 5 juin]
[Retrouver l'annonce de ce prix et le règlement complet]
Qui est Georges DUBOIS ?

Premier concours d'aviettes - Issy-les-Moulineaux, 27 mai 1912

Un essai d'Emmanuel GARCIA à Issy-les-Moulineaux
Le 27 mai a eu lieu à Issy-les-Moulineaux le premier concours d'Aviettes organisé par l'Icare, la jeune société d'encouragement à l'aviation sans moteur.
Le succès de cette réunion fut complet et l'organisation parfaite malgré l'affluence considérable qu'avait attirée cette première manifestation de la bicyclette ailée. Sur la piste, de nombreux aviateurs étaient venus assister aux essais de leurs concurrents d'un genre nouveau.
M. Henri Deutsch de la Meurthe, le Capitaine Marconnet, M. Emmanuel Aimé, l'infatiguable et ardent apôtre de l'aviette, le Capitaine Lafay avaient tenu à encourager de leur présence les premiers débuts d'une invention qui, en cas de réussite, révolutionnerait le monde.

L'aviette de M. REYNAUD
Cinq appareils prirent part à la compétition. Tour à tour, MM. Reynaud, Garcia, Moulin, Larribe et Mediabob s'élancèrent à la conquête des divers prix offerts par la Société. Quelques-uns tentèrent même le Prix du Décimètre s'élevant à 1.000 francs, offert par la maison Peugeot.
[Remarque : n'y a-t-il pas confusion avec le Prix Dubois du Décimètre, le prix de 1000 francs pour le Décimètre ayant été proposé par Peugeot après le concours du 2 juin 1912 ?]
Il y eut quelques légers bonds, mais aucun avietteur n'atteignit la distance exigée. Cependant tous les concurrents ont bon espoir dans l'avenir de s'approprier le prix de 10.000 francs offert pour le décamètre en plein vol.
Tel fut le premier début en public de l'aviette. Si ces premiers résultats ne sont pas très brillants, on peut toutefois espérer que, parmi les deux cents inventeurs engagés pour le Prix Peugeot, l'un d'eux découvrira un nouveau propulseur ou une nouvelle courbe d'aile qui contribuera pour une large part au progrès de l'aviation avec ou sans moteur.
R.G.

[La Revue Aérienne 10 juin 1912 p 316]

 

Concours du 2 juin 1912 pour le Prix Peugeot de 10.000 francs
Un concours d'aviettes est organisé sur le Vélodrome du Parc des Princes, à Paris, le 2 juin 1912, par le journal L'Auto, sous l'égide de l'Aéro-Club de France, pour que les concurrents puissent tenter de remporter le Prix Peugeot.
On trouve dans L'Aérophile du 1 mai 1912 un rappel du règlement ainsi qu'une analyse des types d'aviettes susceptibles de décoller. L'auteur classe les machines en trois catégories :
"
...
Voyons par quels moyens on pourrait réaliser la performance imposée. Nous pourrons diviser les procédés en trois classes :
- Vol à voile,
- Bond de 10 mètres fait avec la vitesse acquise sur la lancée,
- Appareils munis dun propulseur mû par l'aviateur.
...
"
"Pour le Prix Peugeot de 10.000 francs, comment gagner le concours de l'aviette",
Liste des 198 inscrits, L'Auto 2 juin 1912

[L'Aérophile 01/06/1912, page 258]
Le concours provoque un grand engouement : pas moins de 198 candidats s’inscrivent [25], mais finalement 23 seulement se présentent le jour du concours. Certains des compétiteurs travaillaient dans des firmes aéronautiques connues comme Farman ou Voisin, mais la plupart étaient des amateurs ayant bricolé des machines très diverses et plus ou moins farfelues. Le concours était supervisé par une commission de 9 membres, personnalités du monde de l’aviation et de l’industrie. [Je n'ai pas trouvé la composition de cette commission]
Mais malgré tous les efforts déployés par les concurrents enthousiastes aucun ne réussit à quitter le sol, et l'Aérophile note simplement :
" Le concours de l'AVIETTE, le 2 juin ne montra encore aucun essor par la force humaine, mais, à côté d'appareils plutôt amusants, d'autres pourront, avec de la mise au point, se présenter aux prochaines épreuves avec chances de succès. Parmi eux, citons les biplans de M. PIAT, contremaître chez Voisin, et de M. HARRY." [L'Aérophile 15 juin 1912]


1 - Monoplan type Langley, de M. VINCENT (n° 35), qui décolla de la roue avant. 2 - Biplan HARRY (n° 87)
3 - Un capotage 4 - Aviette de M. GROUSSY
(en fait GROUESY) [L'Aérophile 15 juin 1912 p 281]
Remarque : Grouesy a été oublié dans la liste des participants publiée par l'Auto le 3 juin 1912.

L'Auto publie le 3 juin le bref compte-rendu suivant :
« Le Prix du Décamètre reste à gagner – Une nouvelle épreuve aura lieu en octobre.
Comme il était à craindre, dans l'état encore trop peu avancé de l'aviettation, la journée du 2 juin n'a donné aucun résultat positif. C'est ce que nous faisions pressentir dans notre article d'hier.
Le problème du vol humain demeure tout entier à résoudre et le Prix du Décamètre reste à gagner.
Il en est de même de celui du Décimètre, malgré les efforts très courageux et très applaudis dont un nombreux public fut le témoin intéressé et souvent amusé.
Vingt trois concurrents ont eu le mérite de présenter leur appareil et de prendre ainsi une part active à la première manifestation de l'Aviette (*). L'Auto décerne à chacun une médaille d'argent.
Conformément au règlement, ces 23 concurrents ayant présenté leurs aviettes le 2 juin peuvent leur droit d'engagement de 10 francs, sur présentation de leur reçu, à la caisse de L'Auto. Ils demeurent qualifiés pour les épreuves qui suivront. Il en est de même, d'ailleurs, pour tous les avietteurs engagés à la date du 20 mai.
A l'issue de la réunion, la Commission du concours a décidé que la prochaine épreuve du Décamètre aura lieu cette année en octobre.
Si le Prix Peugeot de 10.000 francs n'est pas gagné cette année, il sera remis en compétition au mois d'avril 1913, et enfin, s'il y a lieu, au mois de juin suivant.
L'Auto publie, à titre de spécimen,
[les photos de] l'Aviette n° 10 dont la construction est remarquable, et l'Aviette 151, qui montée par un soldat en uniforme, a obtenu un succès tout spécial.
En maintenant que l'Aviette a donné ce qu'on pouvait naturellement attendre d'un appareil trop hâtivement improvisé, il lui reste à faire preuve qu'elle est capable d'un perfectionnement aussi rapide que l'Avion.
Le Prix Peugeot n'aura pas en vain provoqué l'envolée du muscle. On verra bientôt l'énergie des athlètes répondre à la générosité des mécènes.
Emmanel Aimé "

(*) L'auteur feint d'ignorer le précédent concours d'Issy-les-Moulineaux le 27 mai dernier, certes beaucoup moins "médiatisé" !


Les participants au Prix Peugeot du 2 juin 1912 [L'Auto 3 juin 1912]
Le numéro de Mauve (Paris) a changé par rapport à la liste des inscrits publiée le 2 juin.

105 : Reynaud et non Raymond ? 133 : Mediamale et non Mediamole ? 174 : Carrière ?


Aviette de PIAT (n° 10) [Wikibooks]
[Planeurs et Avions Maurice Brochet, Cépadues Editions 2021 p 28]

Aviette de PIAT (n° 10) [L'Auto 3 juin 1912]

VINCENT (n° 35) [Wikibooks]

GROUESY [ou GROUSSY selon les sources] (n° 64), est venu de Dôle pour participer [origine inconnue]
Il ne figure pas dans la liste des participants publiée par l'Auto [3 juin 1912] mais est dans la liste des inscrits [2 juin 1912]

GROUESY (n° 64)

BERGER (n° 69) [Wikibooks]

GAILLARD [ou Gailliard ?] (n° 75) [Wikibooks]

HARRY (n° 87) [Wikibooks]

RAYMOND (n° 105), de Paris

BRIEL (n° 106), Paris [Wikibooks]

Aviette Auto-Ecole (n° 128)
[source inconnue]

Aviette de M. TOULERON (n° 151) [Wikibooks]
M. Touleron, de Cosne, a participé en tenue militaire, casquette comprise (et la cigarette au bec) !
L'aile a quelque peu souffert durant les essais.

1912 - Aviette n° 38 - Un des concurrents du Prix Peugeot ?
Si l'année est exacte, le numéro 38 correspondant au Prix Peugeot du 2 juin, pourrait être celui de RAYMOND, de Nice ?
[photo Jacques-Henri LARTIGUE] [12]

* Le 4 juin, l'Auto annonce que la prochaine épreuve pour le Prix Peugeot sera organisé en octobre 1912.
* Le 5 juin, le journal donne des précisions sur le concours d'octobre. De plus il rappelle que le Prix Georges DUBOIS (Prix du Décimètre de 500 francs) reste à gagner :
"Le Prix du Décimètre est toujours à gagner : l'épreuve peut être tentée n'importe quand et n'importe où, à la seule condition que le concurrent s'assurera lui-même le contrôle officiel d'un commissaire de l'Aéro-Club. Il y en a partout. Ecrire à ce sujet soit à M. Dubois Le Cour, soit au secrétariat de l'Aéro-Club de France, 35 rue François 1ier, Paris."

Au vu des résultats obtenus, la Commission du concours conclut que la tâche était trop difficile compte tenu des connaissances aérodynamiques de l’époque, et elle suggéra à Robert Peugeot de sponsoriser une compétition de niveau plus abordable.
Robert Peugeot accéda à la demande de la commission et, tout en maintenant son premier prix (Prix du Décamètre de 10.000 francs), il proposa un nouveau prix de 1.000 francs pour un saut de longueur 1 mètre minimum, à une hauteur minimale de 10 centimètres, et dans les deux sens (Deuxième Prix Peugeot). Les concurrents étaient libres de tenter de gagner ce prix où et quand il le désiraient, et il leur incombait de convoquer un commissaire de l'Aéro-Club de France pour officialiser leur performance.
[ Bizarrement le quotidien L'Auto ne parle pas de l'instauration de ce prix après le 2 juin ?

Remarque : Ce deuxième prix Peugeot est aussi appelé "Prix du Décimètre" mais il ne faut pas le confondre avec le Prix Dubois de 500 francs dont le règlement est le même.


4 juillet 1912 - Gabriel POULAIN gagne le deuxième Prix Peugeot (Prix Peugeot du Décimètre)

Poulain gagne le Prix Peugeot du Décimètre
Les choses ne traînèrent pas, puisque quelques jours plus tard, le 4 juillet 1912, à Viry-Châtillon, Gabriel POULAIN s’adjuge ce prix, avec son Aviette, bicyclette équipée d'ailes. Gabriel Poulain, originaire de Saint Hélier, île de Jersey, avait 28 ans cette année-là. Ce n’était pas un inconnu en France et en Europe, car c’était un coureur cycliste sur piste au brillant palmarès : champion de France en 1905 (il le redeviendra aussi en 1922 et 1923) et champion du monde de sprint en 1905 (2e en 1906, 1908, 1909 et 1923)
Il réussit à rester soulevé sur une distance de 3,6 mètres plus la longueur de sa bicyclette à son premier essai et de 3,3 m à son second essai en sens inverse, comme le voulait le règlement.
A partir de ce moment-là, Gabriel Poulain se passionna pour le vol à propulsion humaine et pendant dix ans il se consacra à des recherches et développements de sa machine, pour enfin faire de nouveau parler de lui en 1921 en s'adjugeant le Prix Peugeot du Décamètre
[voir infra].
[L'Auto du 5 juillet 1912]
"L'AVIETTE
Prix Peugeot de 1.000 francs
Le Prix du Décimètre est gagné par Gabriel Poulain
L'Auto a reçu l'attestation suivante que nous publions in-extenso à titre de document pour l'histoire de l'Aviette.

« Port-Avialion, 4 juillet 1912.
Convoqué par l'aviateur Gabriel Poulain à "l'aérodrome de Port-Aviation" à Viry-Châtillon, pour contrôler dans le Prix du Décimètre. Toutes les formalités ayant été remplies au préalable, M. Gabriel POULAIN a franchi, aller et retour, les deux cordelettes distantes d'un mètre et tendues à un décimètre, sans les toucher « Le premier essai a été fait à 4 h. 30 du soir; distance franchie, 3 m. 60, plus la longueur de la bicyclette. Le retour, à 4 h. 34 , distance franchie, 3 m. 30, plus la longueur, de la bicyclette.
Ces essais ont été faits sur une bicyclette Poulain, de piste, du poids de 11 kilos, munie de pneus Continental.
Le commissaire de l'Aéro-Cluh de France, L. KUHLING. »

Suivent les signatures de MM. Lucien LESNA, DENHAUT, Luc CORNET, CAYLE, L. TROTTON. Avec nos félicitations, nous avons exprimé au vaillant aviateur, devenu avietteur et qui fut en 1905 champion cycliste de France et champion cycliste du monde, l'espérance qu'il ne s'en tiendra pas là. Ce premier bond officiel de la bicyclette demande une suite.
Après le premier Prix Peugeot (1.000 fr.) du Décimètre, il reste à gagner le deuxième prix (500 fr.) offert pour la même épreuve par M. Bernard J. Dubos.
Emmanuel Aimé.
"
Remarque : Selon la source on trouve les noms de DUBOIS LE COUR [L'Auto 5 juin], Bernard J. DUBOS [L'Auto 5 juillet], George DUBOIS [source inconnue]


Gabriel POULAIN sur son Aviette, lors du Prix Peugeot du 2 juin 1912 (?)
(Coll. Royal Aeronautic Society [3])
J'ai un doute sur la date de cette photo : en effet Poulain ne figure pas parmi les participants au concours du 2 juin. Serait-ce le 4 juillet ? Mais la foule est bien nombreuse pour une épreuve individuelle qui n'a pas été annoncée dans la presse. La question reste ouverte.
19 octobre 1912 - Sigmar RETTICH gagne le Prix Dubois du Décimètre
* Le prix Décimètre
            Prix d’un montant de 500 francs, offert par George DUBOIS pour un saut de 1 mètres à une hauteur de 10 centimètres minimum. Ce prix fut gagné par un coureur cycliste allemand du nom de Sigmar Rettich (ou Rettig), le 19 octobre 1912 :

"Rettich gagne le Prix Dubois
Poulain avait enlevé, il y a quelques mois, le Prix du Décimètre Peugeot, en sautant, avec une bicyclette, la distance d'un mètre, imposée par le règlement. Le second Prix du Décimètre, doté de 500 francs par M. Dubois, a été gagné également, hier matin, par un autre coureur cycliste, Rettich, un allemand bien connu du public des vélodromes. Les conditions étaient les mêmes que pour le Prix Peugeot, c'est-à-dire voler à deux reprises différentes, à 10 centimètre du sol, sur une machine quelconque actionnée par l'avietteur. Rettich s'entraînait depuis quelques jours en vue de cette performance, mais n'en avait averti personne. Après quelques essais, il se mit en piste, hier matin, au Parc des Princes, et fit contrôler sa tentative."

Sigmar RETTICH [L'Aéro 20 octobre 1912]
"Il partit du haut d'un virage, et prenant ainsi de l'élan, il fit un bond de 3 mètres 50, à 30 centimètres-du sol au maximum, au-dessus des piquets disposés devant les commissaires. Pour gagner définitivement le Prix, Rettich n'eut qu'à refaire l'expérience en sens inverse. Il réussit d'ailleurs tout aussi facilement qu'à la première tentative. Cette brillante performance a été accomplie sur une bicyclette « Souveraine-Violette », pneus Dunlop, sur laquelle on avait fixé deux ailes, d'une envergure de 3 mè1res. L'exploit de Rettich relève plus de l'acrobatie que de tout antre chose. Mais enfin, c'est un pas en avant. Rettich a «décollé». Il ne reste plus maintenant qu'à trouver le système qui maintiendra l'homme et sa machine dans l'espace et permettra à celui-ci de voler comme un simple aéroplane."
[L'Aéro 20 octobre 1912]
Ajout photos "gallica" et page livre /

Sigmar RETTICH bondit au-dessus des arceaux hauts de 10 cm et distants de 1 mètre [23]

Publicité pour les cycles La Souveraine-Violette [L'Aéro 21 octobre 1912, Gallica-BnF]
Publiée dès le 21 octobre, deux jours après la performance de Rettich
24 novembre 1912 - Deuxième concours du Prix Peugeot
17 participants pour le prix du décamètre, à ce deuxième concours.
Seul Jacquelin réussit à "décoller" sur 60 centimètres (non participant pour le "Décamètre" semble-t-il)

"La deuxième journée de l'aviette
Les Prix Peugeot de 10.000 francs, pour le Décamètre, et de 2.000 francs, pour le Demi-décamètre, restent à gagner.
"
L'auteur donne la liste des 17 concurrents du prix du décamètre.
[L'Auto 25 novembre 1912]


Nom des 17 engagés pour le Prix du Décamètre (Prix Peugeot de 10.000 francs) du 24 novembre 1912.
Ils recevront une médaille de la part de L'Auto

RAYMOND est le seul de la liste ayant aussi participé au premier concours le 2 juin 1912.

"Jacquelin et son planeur, qui lui ont permis de franchir 60 cm sans toucher le sol"

"Le numéro 147 !"
Caricature de Jacquelin qui portait le numéro 147 lors de ce concours.
"Le 24 novembre 1912 dans le ciel : Jacquelin fait un bond en aviette.
Pas moins de 10 000 francs, telle est la somme à laquelle peuvent prétendre les aviateurs engagés dans le prix Peugeot, cette dernière sera en effet offerte à l'aviateur qui le premier réussira à réaliser un vol de 10 mètres sans toucher terre en prenant les commandes d'un aéroplane de type aviette : à savoir un appareil ne disposant d'aucun moteur, seulement mis en mouvement par la force humaine, en pédalant !
Ce concours d'aviettes, qui se déroule dans l'enceinte du Parc des Princes, ce dimanche 24 novembre 1912, sera ainsi disputé par dix-sept concurrents ! Malheureusement, bien que les participants soient nombreux, aucun ne relèvera le défi lancé par les entreprises Peugeot.
Pire, sur les dix-sept, un seul arrivera à quitter le sol, c'est dire la difficulté de ce prix du décamètre. L'ancien coureur cycliste JACQUELIN sera ainsi l'auteur de la meilleure performance de la journée : soit un petit « bond » en avant de… un mètre !
C'est assez ridicule face à la distance imposée mais il a au moins le mérite d'avoir « volé », même si le terme « voler » est un peu usurpé ici…
"
[Air Journal] [27]

Concours du 24 novembre 1912 - Vélodrome du Parc des Princes [27]
On lit n° 18 sur l'aileron.
(voir série "Gallica" qui donne 1913 comme année)
"Ce dimanche 24 novembre 1912, l'enceinte du Parc des Princes accueille le concours des aviettes, aéroplanes sans moteur mus exclusivement par la force humaine. Ce concours mis en place par les entreprises Peugeot met en jeu un prix de 10 000 francs, qui sera remis au premier aviateur qui parviendra à couvrir une distance de 10 mètres sans reprendre contact avec la terre ferme.
Si cette manifestation aéronautique est un succès en termes de participants, les organisateurs n'en dénombrant pas moins de dix-sept, il n'y aura aucun gagnant de désigné pour ce concours du décamètre. Aucune de leurs bicyclettes munies d'un plan sustenteur et d'un empennage ne réussira à quitter le sol. Exception faite de l'aviette de JACQUELIN, l'ancien coureur cycliste. La performance de Jacquelin est encore loin de répondre aux exigences de l'épreuve, mais est celle qui a retenu l'attention ce dimanche 24 novembre 1912, ce dernier est en effet parvenu à réaliser un petit bond en avant d'un mètre seulement ! Autant dire qu'il y a encore du chemin à faire, ce n'est pas demain qu'on verra un ciel immaculé d'aviettes… "

[Air Journal] [28]
Concours de l'aviette du 1ier décembre 1912 (Prix Peugeot)
Remarque
Il est curieux qu'il y ait eu deux concours à une semaine d'intervalle ?
Le journal L'Auto ne parle pas de ce premier décembre,
Je pense que l'Aérophile a fait une erreur de date et qu'il s'agit en réalité du concours du 24 novembre. .
[ L'Aérophile 15/12/1912 page XIV]
Au concours de l'aviette du 1ier décembre
"Cette fois encore le concours n'a pas donné de résultats, mais certains types d'appareils présentés n'étaient pas sans présenter quelque intérêt."
Les 6 photos suivantes montrent quelques types d'aviettes à la dernière mise en compétition du Prix Peugeot le 1er décembre 1912.


Aaviette n° 147 montée par JACQUELIN, l'ancien champion cycliste (Photo Rol)

Une aviette à ailes battantes (photo Meurisse)

L'aviette du cycliste Paul DIDIER (Photo Rol)
Autre photo de Paul DIDIER [19]
"Un champion cycliste français (spécialiste de vitesse), Paul DIDIER, participe au Grand Prix Peugeot. Il réalisera un bond de 5 mètres."

1912 - Paul DIDIER participe au Prix Peugeot [19]
V élodrome du Parc des Princes. Cette photo a vraisemblablement été prise le 24 novembre 1912 ?
Ou alors concours de juin 1913 ? L'appareil n'est pas le même que celui de la photo précédente.
S'il s'agit bien de Paul Didier dans les deux cas, les photos ne correspondent pas au même concours.

* Le prix Michelin
Prix de 2.000 francs offert par la firme Michelin pour un saut de 5 mètres, sans condition de hauteur semble-t-il.
Gagné par Paul DIDIER le 21 décembre 1912. [la date est-elle erronnée ?]
Aucune référence pour le gain de ce prix
[source [2] ?]
 
Prix Bernard J. DUBOS pour les aviettes à ailes battantes
Prix proposé en février 1913 par un mécène bordelais, Bernard J. DUBOS, très impliqué dans les activités de l'Aéro-Club de France..
A-t-il été gagné ?
[L'Auto 5 juillet]
[L'Aérophile 1ier mars 1913]
(ajouter texte et pdf)
"Comment gagner le prix Bernard J. DUBOS pour les aviettes à ailes battantes ?", par P. James
"
Un nouveau prix de 1.000 francs pour les aviettes, mais cette fois à ailes battantes, vient d'être donné par M. Bernard J. Dubos, le sportsman bordelais bien connu. M. Dubos est non seulement un mécène, mais un homme à idées dont plusieurs ont été des plus heureuses et se sont développées. Pour n'en citer que quelques-unes,rappelons que M. Dubos fut le premier à proposer au Comité del'Aéro-Club de France un grand effort pour la recherche de la sécurité, et il fit à l'appui de son idée un don de 2.000 francs. Ce furent les premiers fonds de l'Union pour la Sécurité en aéroplane, qui dispose aujourd'hui de 500.000 francs.
C'est aussi M. Dubos, qui proposait dès la fin de 1911, à l'Aéro-Club, l'organisation d'une grande course d'aéroplanes. M. Dubos avait raison, puisque trois épreuves fort réussies ont été courues l'année dernière. En.ce qui concerne l'aviette, dont il fut un des promoteurs, il pense qu'on a voulu aller trop vite en fixant à 10 mètres la première étape : c'est pourquoi il donne, un prix de 500 francs pour le demi décamètre, qui a été gagné. Il en a donne immédiatement un second pour le même objet. C'est afin de se rendre compte de ce qu'on peut obtenir avec les ailes battantes qu'il vient de créer son dernier prix de 1.000 francs dont nous allons parler. Afin de ne pas exiger, pour la première étape, quelque chose de trop difficile, il leur demande le résultat le plus simple : propulser une bicyclette sur le sol. Voici les indications générales fournies nar le donateur, car le règlement définitif n'a pas encore paru. Il s'agit de parcourir 1 kilomètre par le moyen d'ailes battantes, dans les conditions suivantes : « Les deux roues de chaque bicyclette seraient indépendantes de tout effort tracteur ; l'élan serait pris du haut d'un tournant de piste. La ligne de départ effectif du kilomètre ne serait placée qu'à l'endroit où la bicyclette à ailes battantes aurait perdu la majeure partie de son élan primitif ; ceci de façon à commencer et à continuer réellement le kilomètre par le seul effort des ailes battantes. « Le prix ne pourrait être acquis que si le gagnant dopasse dans ce kilomètre la vitesse actuelle du kilomètre dans la course à pied. » Comme on le voit, ce règlement est assez modéré. C'est un prélude à de nouveaux prix à mesure que les aviettes se perfectionneront. Pour le moment on ne demande à l'aviette-oiseau que le premier mouvement la course sur le sol qui précède le vol chez les oiseaux. Il est vrai que la vitesse qu'on doit atteindre est assez élevée. Le record du kilomètre français dans la course à pied est, croyons-nous, de 2 m. 36 s. 4/10. C'est donc une vitesse de 23 km. 018 à l'heure que l'engin gagnant devra atteindre. Est-ce facile à réaliser ? Ce qui est certain, c'est que le déplacement sur le sol d'une bicyclette, par ce moyen, surtout après démarrage, est réalisable. Quant à la facilité d'y parvenir, il est plus délicat de se prononcer parce qu'on a trop peu de données sur les appareils à ailes battantes. Il était plus aisé de pronostiquer pour le prix du décamètre, car on a sur les glissades aériennes des données exactes au moins dans leurs grandes lignes. Si le prix du décamètre n'a pas encore été gagné comme nous l'avions pronostiqué ici, celui du demi-décamètre l'a été, et celui du décamètre le sera nous en sommes certains. Pour le nouveau prix de l'aile battante, la vitesse à atteindre est assez élevée. Certes, une bicyclette aux pneus bien gonflés ne fait pas beaucoup de résistance sur le sol ; mais, le coureur à pied, surtout sur un kilomètre, ce qui est une distance courte, utilise très bien l'énergie qu'il dépense ; il faut donc que le dispositif d'ailes battantes qu'on aura imaginé ait au moins un aussi bon rendement, et, je le répète, les données sur ce genre d'appareils sont peu nombreuses ou pour mieux dire inexistantes. Le mérite du prix Bernard J. Dubos, sera de permettre d'en obtenir quelques-unes centaines, vraisemblablement aussi éloignées de celles fournies par les thuriféraires de l'aile battante que de celles de ses détracteurs systématiques.
"
__
 
Concours du 15 juin 1913 : Prix Peugeot du Décamètre et Prix du Lancement de l'Aviette

Un concours d'aviettes est organisé, sous le patronage de l'Aéro-Club de France, avec le concours du journal L'AUTO, au Vélodrome du Parc des Princes, le 15 juin 1913 mettant en jeu trois prix :
- le Prix Peugeot du Décamètre (10.000 francs),
- le Prix du Lancement de l'Aviette (trois prix de 2.000, 1.000 et 500 fr) offerts également par la firme Peugeot.
- le Prix Bernard J. Dubos de 1.000 francs spécialement réservé à l'aile battante. Ce prix ne sera pas gagné et restera en compétition jusqu'au 30 juin.

Quelques précisions sur ce concours et sur le Prix du Lancement de l'Aviette [L'Industrie vélocipédique et automobile, 7 juin 1913 p 355] [33]
« Pour récompenser l'effort initial des avietteurs engagés dans le Concours du Décamètre, qui sera ouvert de nouveau le 15 juin prochain, sur la piste du Parc-des-Princes, à tous genres d'appareils sans aucune restriction, la maison Peugeot ajoute au prix de 10.000 francs, dont elle a doté ce Concours, trois autres prix de 8.000, 1.000 et 500 francs, en faveur de l'épreuve spéciale du Lancement dé l'Aviette qui aura lieu a la même date, sur le même vélodrome.
Ces trois prix supplémentaires sont offerts aux concurrents, dont les appareils répondant spécialement à l'énoncé complet du problème de l'aviette, seront munis de propulseurs aériens destinés à fournir, après l'élan qui prépare le vol, la vitesse qui doit l'entretenir, le jour où l'essor sera réalisé.
L'épreuve du lancement de l'aviette est un simple concours de vitesse, sans vol obligatoire, entre toutes les machines roulantes, bicyclettes ou autres, uniquement actionnées par la force humaine appliquée à un propulseur aérien quelconque.
Cette épreuve exclusivement réservée aux véhicules sans roue motrice, a pour but de mettre en parallèle les différents propulseurs aériens, hélices, ailes battantes, etc. employés depuis un an pour le lancement de l'aviette et de signaler ceux qui sembleront mériter la préférence.
Elle aura lieu sur un demi-tour de piste, 333 mètres. Le temps qui ne devra pas excéder une minute sera compté entre les instants où l'appareil, après un élan d'une centaine de mètres au maximum, aura franchi entièrement la ligne de départ et aura franchi de même la ligne d'arrivée. Il n'est pas exigé que les roues de l'appareil perdent contact avec le sol, mais il est interdit à l'avietteur de mettre pied à terre pendant la durée du parcours chronométré.
Les appareils devront être rendus à 8 heures du matin sur la pelouse du vélodrome. Chaque appareil engagé n'aura droit qu'à un essai.
Si les essais ne sont pas terminés à midi, ils seront continués dans la matinée du lendemain. Ils pourront être remis à une date ultérieure si le temps est par trop mauvais. Dans tous les cas, chaque concurrent devra répondre à l'appel de son numéro d'inscription pour l'ordre des départs.
Le droit de dix francs d'engagement sera remboursé à tout concurrent qui prendra part, soit à l'épreuve du décamètre, soit à l'épreuve, du lancement de l'aviette. Tout appareil engagé pour le premier concours est par le fait qualifié pour le second, avec le même numéro d'inscription, à condition qu'il n'y ait pas de roue motrice ou que la commande de cette roue motrice soit supprimée pour l'épreuve du lancement de l'aviette.
L'avietteur pourra de même supprimer s'il le juge à propos, pour la seconde épreuve, les surfaces portantes utilisées dans la première.
Il n'est pas exigé que, dans les deux épreuves, le même appareil soit monté par le même aviatteur.
Les engagements seront clos ce soir a 6 heures dans les bureaux de L'Auto, 10, rue du Fauhourg-Montmartre, Paris.
»

[L'Auto 16 juin 1913]
LE CONCOURS DE L'AVIETTE
Organisé sous le patronage de l'Aéro Club de France, avec le concours du journal l'AUTO, au Vélodrome du Parc des Princes, le 15 juin 1913.
Les prix Peugeot de 2.000, 1.000 et 500 fr. sont gagnés. — Le prix Peugeot de 10.000 francs n'est pas gagné.
[L'industrie vélocipédique et automobile, 21 juin 1913 p 384] [33]
"Le Concours de l'Aviette qui s'est disputé pour la seconde fois dimanche dernier au Parc des Princes, n'a pas été plus heureux que le précédent.
Sur 300 concurrents inscrits, 80 se sont présentés sans qu'un seul ait pu voler.
L'épreuve des 333 mètres réservée aux bicyclettes munies d'une hélice, soit à l'avant, soit à l'arrière, a seule intéressé les spectateurs.
Bernard [BERNHARD] a fait le meilleur temps 30 sec. 4/5, soit une moyenne de 40 km à l'heure. Le second, Caillot, a mis 31 secondes et le troisième, Dieudonné, 31 s. 1/5. "

BERNHARD, sur bicyclette La Souveraine-Violette, gagne les 2.000 francs du Prix du Lancement de l'aviette
[Extrait d'un livre inconnu, via forum Tonton Vélo]
Une belle série de photos prises pendant le concours de juin 1913 [Agence Meurisse 1913, Gallica BnF]







La même que la précédente, vue sous un autre angle
[autre photo in Planeurs et Avions Maurice Brochet, Cépadues Editions 2021 p 28]

[Agence Meurisse 1913, Gallica BnF]

Aviette n° 18


La même qu'au dessus très éclaircie

[eBay]

Deux autres aviettes présentées au Parc des Princes en juin 1913.
Photos extraites du livre de J.Borgé et N.Viasnoff : " Archives du Vélo" [via forum Tonton Vélo]


[même photo (sans légende) in Planeurs et avions Maurice Brochet, Cépadues Editions 2021 p 29]
Juin 1913 - Communication de M. MAGNAN

Le 17 juin 1913, l'Auto publie une communication de M. Magnan
" " [A ajouter]

[L'industrie vélocipédique et automobile, 21 juin 1913 p 384] [33]
« Ce que devrait être l'aviette.
Après avoir étudié les rapports de l'oiseau à l'aéroplane, M. Magnan - décidément infatigable - vient de faire une nouvelle communication à l'Académie des Sciences sur la Morphologie dynamique des Oiseaux et son application à la construction des aviettes.
M. Magnan a calculé, à l'aide de la formule qu'il a trouvée, les dimensions d'une aviette pesant 100 kilogrammes avec son pilote, ce qui représente un poids minimum, en admettant que l'aviette soit, comme le monoplan, un appareil planeur.
Voici les chiffres qu'il donne :
Surface alaire 4 mq. 98.
Poids des ailes 19 kil. 700.
Envergure 6 m. 17.
Largeur de l'aile 1 m. 09.
Longueur de la queue 1 m. 20.
Longueur de l'appareil 2 m. 75.
M. Magnan a utilisé, pour établir ces chiffres, les documents fournis par l'étude des meilleurs planeurs, les rapaces.
Par l'examen des autres groupes d'oiseaux. il a montré que les corbeaux, dont la surface reIative des ailes n'est que de 18,8, alors qu'elle est de 23,2 chez les rapaces diurnes, représentent le premieu groupe des vrais oiseaux rameurs. Or, à partir et au-dessous d'une surface portante relative de 18,8, le vol ramé est seul possible ; le vol plané est impraticable pour un oiseau.
Lorsque la surface alaire relative, c'est-à-dire le rapport de la surface alaire en centimètres carrés à la surface du corps est supérieure a 18,8, le vol plané devient possible.
M. Magnan indique quelles seraient les dimensions d'une aviette de 100 kilos, en s'inspirant des dimensions du corbeau.
Un tel appareil aurait 3 mq. 4 de surface alaire, avec des ailes pesant 15 k. 630 et larges de 1 m. 11, une envergure de 4 m. 9l ;
Lla longueur de la queue serait de 1 m. 34 et celle de l'appareil atteindrait 3 m. 06.
M. Magnan conclut qu'une aviette voulant copier les oiseaux planeurs devra posséder, pour un poids de 100 kilos, en ordre de marche, des caractéristiques supérieures à ces dernières. Sa stabilité sera d'autant meilleure que ses caractéristiques se rapprocheront davantage de celles fournies par l'emploi des dimensions des oiseaux planeurs.
»

Course poursuite au Vel d'Hiv - du 14 décembre 1913

L'aviette au Palais des Sports
Annonce d'un course entre René BERNHARD [lauréat du prix Peugeot de 2000 francs et du prix de 500 francs offert par l'Auto] et F. BÉGNEZ, annoncée pour le dimanche 14 décembre 1913.
[L'Auto vendredi 12 décembre 1913]
«
Pendant que nos constructeurs exposent leurs aviettes captives, au Grand Palais des Champs-Élysées, et que, leurs hélices tournant, machine arrêtée, se disputent la faveur du public et les commandes des cyclistes de la nouvelle génération, le Palais des Sports, pour ajouter encore à l'intérêt de sa réunion de dimanche prochain, organise une manifestation de l'aviette en liberté. Ceci complète cela.
Deux spécialistes de la bicyclette à propulseur aérien, René BERNHARD, lauréat du prix de 2.000 francs Peugeot, comme du prix de 500 francs offert par l'Auto, et son redoutable émule BÉGNEZ lutteront de vitesse dans un match poursuite sur les jolis virages de la piste de 250 mètres.
Au signal du starter, les avietteurs placés en deux points diamétralement opposés, enfourcheront leur machine et se poursuivront, en deux manches, sur un kilomètre, soit quatre tours de piste. Si chacun gagne une manche, le classement sera établi d'après l'additions des temps chronométrés. Ce numéro, ajouté au programme, plaîra par sa nouveauté et fournira d'utiles enseignements aux spectateurs qui croient à l'évolution indéfinie de la bicyclette sous la forme rajeunie de l'aviette roulante.

Nous en recauserons ce soir à 9 heures, 49 rue Legendre, au cours d'aviation de l'Association Polytechnique, où René BERNHARD nous a promis de venir.
Nous aurons aussi le plaisir d'entendre un membre distingué du Club de l'Aviette, l'ingénieur Georges CHRÉTIEN, qui nous présentera un dispositif spécial pour l'évaluation dynamométrique de la poussée d'une aviette.
Quelques-uns de nos meilleurs constructeurs : Percevant, Goulard, Livret, Ménoret, nous donneront les caractéristiques des appareils qu'ils exposent au Grand Palais ; et m'est avis que le cours d'aviation n'aura jamais été ni plus pratique ni plus intéressant.
Allons-y tous, en attendant de nous retrouver ensemble, dimanche prochain, au Palais des Sports.
Emmanuel Aimé
»

Au Vel d'Hiv. René Bernhard fut le vainqueur.
Ouiest Éclair du 15 décembre 1913 (rien trouvé dans l'édition de Rennes sur Gallica, ni ailleurs)


René BERNHARD - vainqueur de Bégnez dans la poursuite du Vel d'Hiv, 14 décembre 1913 [via forum Tonton Vélo]
En juin dernier il avait déjà gagné le Prix du Lancement de l'aviette au vélodrome du Parc des Princes

F. BÉGNEZ [via forum Tonton Vélo]
Salon de la Locomotion aérienne de Paris 1913
25/11/1913 : L'Auto, qui l'avait annoncé dès le 2 octobre, confirme qu'un stand sera réservé aux aviettes pendant le Salon de la Locomotion Aérienne qui doit se tenir du au Grand Palais à Paris, à partir du 5 décembre 1913.
Ajouter quelques notes de l'Auto
Aviette Métalloplan
Au Salon de l'Aviation de Paris, en décembre 1913, un artisan stéphanois, Marius MAZOYER, passionné d'aviation et constructeur de bicyclettes, motocyclettes, et même d'appareils à structure métallique (planeurs et aéroplanes), présente une aviette de sa conception qu'il appelle "Métalloplan".
[29] [30]
On ignore s'il a participé à des concours officiels.

L'aviette Métalloplan de Marius MAZOYER (1913)

Une aviette de Mazoyer a été exposée durant le Salon Rétromobile 2018 à Paris [29]
1912-1923 - Autres prix improbables

Durant les deux années (1912-1913) d’intense activité dans le domaine de l’aviette, d’autres mécènes offrirent des prix pour stimuler la recherche des performances en vol à propulsion musculaire, souvent utopiques :
 * Le prix Dubois de 700 francs pour un vol à une hauteur de 10 mètres. Ce prix ne fut jamais gagné.
* Le prix de La Justice, de 100 000 francs, offert par le quotidien parisien de même nom [34]. Il s’agissait là d’effectuer un vol de Paris à Versailles et retour avec une machine à propulsion musculaire. Il va sans dire que ce prix n’a jamais été gagné mais que le journal a pu ainsi se faire une belle publicité à bon marché !
[2 p 7]

 Puis ce fut la guerre en Europe, qui amena comme on le sait d'énormes progrès dans le domaine de l’aviation à moteur.
Après la guerre, Poulain continue de se passionner pour le vol à bicyclette ! Mais par contraste avec l'amateurisme des constructeurs de 1912-1913, Poulain pour perfectionner sa machine, qu'il continue d'appeler Aviette, adopte une démarche beaucoup plus professionnelle. il collabore avec Édouard NIEUPORT, lui-même coureur cycliste réputé, et fondateur de la Société Anomyne des Établissements Nieuport. Pendant la guerre, Nieuport avait construit des avions de combat en grand nombre. Ce sont les ingénieurs des Établissements Nieuport qui travaillent sur les calculs et dessins de l'Aviette et les ailes sont mêmes testées dans une soufflerie aérodynamique.

 
QUELQUES AVIETTES GLANEES SUR LA TOILE
Suivent quelques aviettes pour lesquelles nous n'avons que peu d'informations, et qu'il n'est pas toujours possible de dater.
Aviette PERCEVAUT

Aviette PERCEVAUT [29]
"Vitesse moyenne garantie 50 km à l'heure" !!
Pas de date pour cette photo ni aucune autre information.
Bicicletta aerea RAGGI (1919)

[via Secret Projects]
Voir photos dans Archives du Vélo (forum Tonton Vélo)
Dans la série "les improbables" :

Aviette "Multiplan" [Les pionniers foréziens de l'aviation] [31]


Le Sauteral n° 1 Construit par l'artiste Aloïs SAUTER à Paris en 1923. [32]
[Vidéo de présentation de l'appareil]

Aviette de Vincent NARCISSE (1912) [source inconnue]

Deux photos, d'origine inconnue, glanées sur la Toile. Pas d'information sur cette machine.
[?]

[?]

Aviette "Maggiore Zanotti" [Flugsport 1922]

L'Aérocycle de Jules ROLLÉ  

Vers la même époque, un jeune ingénieur français, Jule ROLLÉ a conçu une bicyclette volante. Mais aucune date permettant de situer cette réalisation et on ne sait pas si l'Aérocycle pu participer aux concours de 1912. Jules ROLLÉ poursuivra ses recherches et participera aux concours de Combegrasse (1922) et Vauvlille (1923) avec des planeurs de sa conception.


Jules ROLLÉ sur son Aérocycle [Collection Christian Noël]

1915 - Éric NESSLER et Raoul VIAULT  
Né en 1898, Éric NESSLER est très jeune attiré par l'aviation naissante et en 1913 il reçoit son baptême de l'air à bord d'un cerf-volant de la L.F.C.V. [Ligue française des cerfs-volants] . En 1915, alors qu'il est avec sa famille repliée à Niort, avec un ancien ouvrier de Clément ADER, Raoul VIAULT, il construit une bicyclette dotée d'ailes. [11]
1915 - François BAUDOT  
Toujours en 1915, un autre français, François BAUDOT, construit sa propre machine. Censée décoller à une vitesse de 35 mille/heure, elle ne put jamais quitter le sol. En 1937, F. Baudot installera sur son aviette un moteur Chaise de 350 cc entraînant en prise directe une hélice de 90 cm de diamètre, tournant à 2300 tours/minute et donnant une traction de 17 à 18 kg. Des essais eurent lieu à Cournay-en-Beauce aux mains du pilote DUNEAU.

François BAUDOT, à gauche, présente sa bicyclette volante [18]

Essais de l'aviette de François BAUDOT [via The Aerodrome]

Aviette BAUDOT [Aviation Magazine 1956]
En 1936, F. Baudot avait déposé, en France, un brevet n° 805.991
Appareil susceptible de voler actionné par la force musculaire
1921 - Gabriel POULAIN gagne le Prix Peugeot de 10.000 francs (Prix du Décamètre)

En novembre 1919, le journaliste François Barthélémy publie dans le mensuel "La Science et la vie" un article intitulé
"
L'aviette doit permettre au cycliste de quitter le sol et de voler".

Il y décrit l'aviette de Gabriel POULAIN et relate ses essais.




Sur la route des tribunes de l'hippodrome de Longchamp, le cycliste Poulain, bien connu dans les milieux sportifs,
réalise des essais avec son aviette en vue de conquéri, le Prix Peugeot du Décamètre [La Science et la Vie, novembre 1919]

Gabriel attend la fin de la préparation de la piste [Aviation Magazine 1956]
Notons les carénages de la bicyclette. Remarquons aussi que l'aviette n'est pas la même que celles des photos ci-dessus et ci-dessous (?)

9 juillet 1921, Bois de Boulogne, derrière l'hippodrome de Longchamp, Paris.
A 3 h 45 du matin, il faut encore nuit, mais déjà une équipe de mécaniciens de la société Nieuport s’affaire autour des pièces d’une drôle de machine qu’ils commencent à monter, tandis qu’un public de personnalités, de journalistes et de curieux commence à arriver.
C’est le jour choisi par Gabriel Poulain pour tenter de remporter le prix de 10 000 francs proposé 9 ans plus tôt par Robert Peugeot (tenir en l'air à une hauteur de 20 cm minimum, sur une distance de 10 mètres grâce à la seule force musculaire).
Quelques minutes plus tard, l’Aviette, est montée et réglée et le champion cycliste commence son échauffement sur un autre vélo.
L’Aviette était un biplan de surface totale 12,08 m2, le plan supérieur avait une envergure de 6 mètres et une corde constante de 1,20 mètres. Le plan inférieur, décalé vers l'arrière avait la même corde mais une envergure plus petite : 4 mètres. Les ailes étaient fixées par des tubes légers sur un vélo de course modifié. La roue avant du vélo est plus grande que la roue arrière, avec un pneumatique plus fin que celui de la roue arrière. Le rapport de développement  de la mécanique du vélo semble conséquent : n’oublions pas que Gabriel Poulain était un authentique champion cycliste.
Il est intéressant de noter que la surface alaire de l’appareil était plus grande que celle de certaines ailes étudiées spécifiquement pour le vol à propulsion musculaire dans les années 1960 !
Un profilage sommaire était installé derrière le siège. Il n’y avait pas d’hélice. Une commande d’incidence des ailes était installée, actionné par un levier placé devant le guidon du vélo. Pendant la phase de roulage, l’incidence des ailes était nulle, les ailes étant parallèles au sol. Puis pour faire décoller la machine, le pilote tirait le levier, donnant un angle d’incidence de 6° aux ailes, créant la portance qui devait permettre le décollage de l’Aviette. Il n’y avait pas de gouverne de direction.
Le poids total en ordre de vol était de 91 kg.


Dernières vérifications avant la tentative de Gabriel Poulain sur l’hippodrome de Longchamp [2]

Du plâtre a été répandu sur la piste afin de bien visualiser les traces des roues du vélo et pouvoir repérer les positions de décollage et d'atterrissage. Deux doubles lignes ont été tracées sur le sol, les lignes les plus proches distances de 10 mètres, la distance fatidique !
4 h 43  Après une dernière vérification de la commande d’incidence, Poulain s’élance et l’Aviette prend de plus en plus de vitesse. Avant d’arriver à la première ligne, Poulain tire le levier d’incidence… et l’Aviette décolle immédiatement, s’éleve à 1,5 mètres et plane pour retomber 11, 98 mètres plus loin, sous les applaudissements nourris du public et de Robert Peugeot, présent au premier rang.
Mais il faut refaire l’épreuve en sens inverse comme prévu par le règlement.
4 h 47 Poulain repart en sens inverse, décolle avec à peine moins de vitesse et plane cette fois sur une distance de 11,59 mètres.
Toute l’équipe de Poulain croît le Prix gagné et le congratule sous les viva de la foule. Mais un désaccord naît au sein du collège des juges : après  discussions et force hochements de têtes, le vol de Poulain n'est pas validé car il a décollé avant les doubles lignes alors que le règlement stipule que le décollage doit se faire entre les doubles lignes ! Le public est désappointé, mais Gabriel Poulain nullement découragé demande à refaire une nouvelle tentative, mais après une heure de repos, ce qui lui est accordé.
5 h 54 Selon le même scénario, Poulain réalise un bon de 10,54 m à 1,5 m de hauteur, validé par les juges.
6 h 03 Dernier "run" dans l'autre sens pour conclure sur le plus long vol de Poulain parfaitement maîtrisé  à 12,30 mètres.
Le Prix Peugeot de 1912 est gagné de fort belle manière !

Vidéo de Gabriel Poulain en action.
Remarque : la vidéo montre la tentative victorieuse de Gabriel Poulain, avec l'aviette de la photo ci-dessus, mais dont les carénages ont été enlevés.

  Notons que deux semaines plus tard, le 23 juillet 1921, un américain dénommé Edwin Gourdin réalisera un saut de 7,69 mètres à Cambridge, Massachusetts, USA.[source ?]

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Gabriel Poulain : à gauche en 1913 [Wikipedia], à droite après sa victoire [Gallica]


L'aviette de Poulain exposée au Salon de l'Aéronautique 1921 [Gallica]

Poulain en pleine action [Photo extraite du livre de J.Borgé et N.Viasnoff : " Archives du Vélo", via forum Tonton Vélo]

 

En octobre 1921, donc après que Gabriel Poulain eut gagné le Prix Peugeot, Henry de Graffigny publie un petit ouvrage de 70 pages intitulé "L'aviette, son passé, son avenir, sa construction à la portée de tous", qui commence par :

"L'homme peut-il voler par sa seule force musculaire ?"

Téléchargement de l'ouvrage sur BnF - Gallica

 

1921 - Le troisième Prix Peugeot (20 000 F)
Immédiatement après le succès de POULAIN, Robert Peugeot proposa un nouveau prix de 20 000 francs pour un saut, toujours dans les deux sens, mais maintenant de 50 mètres. La forme de la machine était libre, mais propulsée uniquement par la force musculaire.
Les dates pour les tentatives durant l'année 1922 furent fixées au 23-30 avril, 23-30 juin, 24-31 juillet et 23-30 septembre, avec la possibilité de dates supplémentaires. Le nombre d'essais pour chaque compétiteur était limité à 3, mais le collège de juges avait pouvoir d'autoriser des essais supplémentaires.
Les deux essais aller et retour devaient être effectués dans un intervalle de temps de 20 minutes.
Dans le cas ou un concurrent réussissait son premier essai mais pas son second, les juges pouvaient l'autoriser à recommencer son second essai.
Les inscriptions (frais 10 francs, remboursables sous certaines conditions) devait être faites au moins 10 jours avant la Semaine de l'Aviette (la compétition avait été appelée ainsi semble-t-il), auprès de la Maison Peugeot, 80 rue Danton, à Levallois-Perret (Seine), au nom du compétiteur et du constructeur de la machine.
La compétition était internationale, mais aussi bien pour les pilotes que pour les machines, l'Allemagne, l'Autriche, la Turquie et la Bulgarie étaient exclues !
Le comité d'organisation était composé de Mr le Colonel Ferrus,Emmanuel Aimé, Jacques Balsan, Baudry, de Saunier, Charles Faroux, Isaac Koechlin, Chevalier Reen de Knyff, Lumet, Paul Panhard, Frantz-Reichel, Paul Rousseau.


Le but était ambitieux : par comparaison, cela représentait une distance un tiers plus longue que celle réussie par les frères Wright avec leur appareil à moteur. Poulain, certainement rendu optimiste par sa réussite, annonça vouloir tenter de gagner ce prix avec un appareil propulsé par une hélice et que Nieuport aurait construit. Mais la machine ne fut jamais construite et ce dernier prix Peugeot ne fut jamais attribué, car il n’y eut aucun candidat.
 1925 - Le Prix de la R.R.G.

En Allemagne, l’intérêt pour les recherches sur le vol à propulsion musculaire se manifesta plus tardivement qu’en France ou Italie. Et comme souvent dans ces cas-là ce fut un Prix qui motiva les constructeurs. En 1925, la RRG (Rhön-Rossiten-Gesellschaft), installée à la Wasserkuppe offrit un prix de 4000 Reichmarks à la première personne qui pourrait tenir l’air sur une distance de 100 mètres, dans un vent de moins de 3 m/s, à la seule force de ses muscles.
Le premier concours fut organisé à la Wasserkuppe en septembre 1925, et le seul compétiteur capable de décoller fut le Dr Martin BRUSTMANN, un médecin berlinois spécialiste de physiologie du sport : il put maintenir en l’air sa bicyclette équipée d’ailes de chauve-souris sur une distance d’environ 20 mètres, le plus long vol à propulsion humaine vérifié à cette date.


Concours de la Wasserkuppe, septembre 1925
Aucune précision sur cette photo : au vu de la forme des ailes on peut peut-être penser qu’il s'agit du Dr Brustmann (?)
[photo d’origine inconnue]

Comme POULAIN, Martin BRUSTMANN attrapa le virus du vol musculaire. En 1926 en collaboration avec le célèbre ingénieur aérodynamicien Alexander LIPPISCH il démarra un programme de recherches sur le vol à propulsion humaine.  Brustmann mesura la puissance développée par un certain nombre d’athlètes entraînés et en conclut qu’il était possible de développer environ 1,5 kW en pointe, sur une très courte durée, et de fournir 190 à 200 watts en continu sur une relativement longue durée.
Sa collaboration avec A. Lippisch aboutit  en 1929 à la conception et construction d’un ornithoptère (appareil à ailes battantes) à propulsion humaine de 10 mètres d’envergure. Mais bien que lancé à l’aide d’une catapulte, l’appareil fut à peine capable de diminuer quelque peu la pente du vol plané.

LA FIN DES AVIETTES ?
Mais l’ère des pionniers amateurs espérant voler en bricolant une bicyclette était définitivement révolue.
Les recherches dans le domaine de l'aérodynamique et du vol à propulsion musculaire montraient que ce type de vol nécessiterait la conception de machines de caractéristiques bien particulières, spécifiquement étudiées.
A titre d'exemple, citons l'un des tout premier appareil à propulsion musculaire testé avec succès en 1935, construit par Helmut Haessler, avec Franz Villinger : 13,5 mètres d’envergure, 34 kilogrammes sans le pilote !
La propulsion se faisait par pédalage. L’appareil était lancé à la catapulte puis le pilote commençait à pédaler pour essayer de tenir l’air le plus longtemps possible. Les constructeurs l’appelèrent Mufli, contraction de « Muskel Flieger ». Dans les derniers jours du mois d’août 1935, le Mufli réalisa son plus grand vol : 24 secondes pour une distance parcourue de 235 mètres.
Que de chemin parcouru en 14 ans, depuis le saut de Gabriel Poulain (en 1921, rappelons-le).

Le Mufli en vol (août 1935)
La suite du vol à propulsion musculaire est dorénavant une autre histoire, toute aussi passionnante.
Terminons en remarquant (ce qui est depuis longtemps une évidence), que, comme un juste retour des choses, le cadre de bicyclette reste encore le moyen le plus efficace de convertir l’énergie musculaire du pilote en propulsion, ce qui ne doit pas manquer de faire plaisir à tous les avietteurs des années 1910 !
LE DOMAINE DES RÊVEURS
Après Gabriel Poulain, plus aucun prix ne fut gagné, ou même tenté, avec des bicyclettes modifiées. Cela n'empêcha pas, durant les années 1930 et même après, des amateurs passionnés et quelque peu rêveurs de continuer à imaginer et construire des aviettes.
"Quand la "petite reine" recevait des ailes", par Jean Grampaix, Aviation Magazine 1956

Aviette présentée au concours Lépine 1936 [Aviation Magazine 1956]

Aviette Robert, à deux hélices contrarotatives (année inconnue) [Aviation Magazine 1956]

1930 - Le Glide-O-Bike

En 1930 on retrouvera aux USA l'idée d'équiper une bicyclette d'ailes en kit,  proposés par  la  Glide-O-Bike Company, fondée par un certain Harry T. Nelson de Dallas (Texas, USA), ancien pilote de la première guerre mondiale. Le but n'était pas de s'envoler mais seulement de pouvoir décoller aisément la roue avant de la bicyclette. Il s'agissait là d'un engin de loisir, visant surtout un public de jeunes garçons.
L'article ci-dessous a été publié par la revue américaine Popular Science en décembre 1930 [13]

La page publicitaire ci-dessus est bien représentative à la fois de l’attrait des jeunes pour ce qui touche aux choses de l’air et du sens du marketing de Mr Nelson.


The Glide-O-Bike, easily attachable to any bicycle enables any active boy to enjoy the sensations of flying.
When ridden at moderate speeds, the wing lifts the front wheel entirely off the ground. [6]
(NdT : nous laissons la légende de cette photo non traduite pour lui conserver toute sa saveur)
 2011 - Un petit clin d'oeil
Plage de Vauville, 12 juillet 2011
C'est l'ouverture de l'édition 2011 du rassemblement Rétroplane, qui se fait traditionnellement par l'exposition des fuselages des maquettes de planeurs anciens qui voleront les deux jours suivants. ... Du bout de la plage, arrive un modèle inhabituel dans ce genre de réunion : c'est Bruno HENRY, qui nous la joue "Gabriel POULAIN" pour le (presque) centenaire du concours de 1912 ! Et si ses performances ne furent pas du niveau de celles de son aîné, les applaudissements qu'il reçut furent sûrement au moins aussi nourris !


Bruno a mis toutes les chances de son côté : casquette retournée et lunettes d'aviateur et corne de brume au guidon !


Johannes VANNAHME s'offre le plaisir de quelques tours de roue : l'engin n'est pas si facile à maîtriser !

2014 - Projet de "Bricolo"
A voir sur le forum "Tonton Vélo", la transformation d'une bicyclette. Ce projet a été interrompu durant l'été 2014.

Etat du projet lorsqu'il fut arrêté
 Du côté des modélistes
Un modéliste italien, Luigi Prina, construit et fait voler des modèles de bateaux, mais aussi de cyloplanes. Dans la page Proposte - Sogno di un cicloamatore, de son site Navi volanti, on trouvera les deux modèles réduits ci-dessous, et une vidéo du vol du premier de ces appareils à moteur caoutchouc.[19]


Sogno di un cicloamatore [rêve d'un cycliste amateur]

L'aviette d'Oliver Theede
En mars 2020, Oliver Theede, brillant modéliste allemand, a démarré un projet de construction d'une aviette.
On a pu suivre son projet sur le forum Rétroplane, jusqu'au premier décollage de la roue avant qui a eu lieu en mai 2020.

Vidéo (16")

 
D] RÉFÉRENCES ET SOURCES
[1] Jean-René Lagasse, collection Jean-Marie Mesot
[2] Gossamer Odyssey
Morton Grosser p 3-10, photo p 75 (Poulain)
[3] Site "Human Powered Flying"   http://humanpoweredflying.propdesigner.co.uk/index.html [lien mort]
[4] Storia ed Evoluzione del Aliante,
Zanrosso, tome I, p 106-108
[5] Ali Misteriose
, p 19 (photo) 20-21 (texte)
[6]
Modern Mechanics and ... pas de date ni de numéro
[7] One Peugeot Prize won, Flight 13 juillet 1912 p 641
[8] An Athlete's Fine Feat, Flight 14 juillet 1921 p 473
[9] Video flight-attempts.flv : 2 séquences avec des vélos, dont une de Gabriel Poulain.
[10] Pionieros de la aviación en México, http://drsamuelbanda.blogspot.mx/2012/11/la-aviacion-en-la-revolucion-mexicana-i.html
[11] Histoire du vol à voile français, JOUHAUD Anne et Réginald, Cépadues 1992. Page 297
[12] Pages d'écriture- Vélo avion, n° 27 décembre 2005. Site de Michel Volkovitch : http://www.volkovitch.com/0512.htm.
[13] New thrills from winged bicycle, Popular Science, décembre 1930. Fac-simile sur le site Modern Mechanix
[14] Druiff-Neat Cycloplane, The Car, 22 Décembre 1909 (p.264), & M.Goodall, A.Tagg - British Aircraft before the Great War /Schiffer.Fac-simile sur le site Modern Mechanix
[15] Druiff-Neat Cycloplane, site Their Flying Machines
[16] Dugue Cycloplane, site Their Flying Machines
[17] Schmutz Cycloplane,photo via site The Cyclodelic Journal
[18] François Baudot, photo par exemple sur le site Flickr
[19] Navi Volanti, site de Luigi Prina
[20] Pioneros del aire en Argentina, site Rumbos Aeronauticos
[21] Le concours Peugeot 1912, site La Boîte Verte
[22] Une année d'aviation dans le Petit Parisien : 1912, site Patrimoine et mémoire de l'aviation civile (Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie)
[23] Aviette ou le vélo-hélice, forum Tonton Vélo
[24] Pour le Prix Peugeot de 10.000 francs : Comment gagner le concours de l'aviette, L'Aérophile 15 juin 1912, Gallica BnF
[25] Le Concours de l'Aviette, L'Auto 2 juin 1912, Gallica BnF
[26] Concours de l'Aviette - Prix Peugeot, Extrait de la collection Jules Beau, Wikibooks
[27] Le 24 novembre 1912 dans le ciel : Jacquelin fait un bond en aviette, note + photo, Air Journal
[28] Le 24 novembre dans le ciel : concours d'aviettes, note, Air Journal
[29] L'aviette Mazoyer, texte + photos (Salon Rétromobile 2018 à Paris), Patrimoine auto.com
[30] Coups d'ailes, de l'oiseau à l'avion, par Ennemonde BRIARD, 1930, Gallica BnF. Quelques pages consacrées à Marius Mazoyer.
[31] L'aviette Multiplan, photo, Pionniers foréziens de l'aviation
[32] Le Sauteral, photo Pinterest, vidéo, YouTube
[33] Diverses notes, L'Industrie vélocipédique et automobile, 1913, Gallica BnF
[34] La Justice était un quotidien parisien. Quelques numéros en fac-similé sur Gallica BnF
[35] Pédale, Gustave !, blog Le Petit Bédouin,
Page mise à jour le 15/08/2014 - Dernière mise à jour 09/03/2021
Des vieilles toiles aux planeurs modernes © ClaudeL 2003 -