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Le planeur de Mitry (1909)

Depuis le mois d'octobre 1908, Marcel Leyat est en deuxième année de l'Ecole Centrale à Paris. Au printemps 1909 il rassemble une petite équipe de bénévoles de sa connaissance pour construire, à Die, dans la menuiserie Audra, un planeur biplan, qu'il espère pouvoir ensuite motoriser si les essais en planeur sont concluants.


La voilure caractéristique du biplan "de Mitry" []

Mais Leyat n'a pas d'argent :
"Mon père toujours farouchement hostile à mes projets ne pouvait m'accorder assez pour vivre et cela m'obligea à recourir à un prêt d 'honneur de l'Association des anciens élèves de l'Ecole Centrale." [1]
Pour cette demande de prêt il y a vraisemblablement une confusion de dates : en effet nous disposons d'une lettre à Leyat demande un prêt à l'association des anciens élèves de Centrale, mais elle est datée d 13 juin 1914. On peut comprendre cette erreur, la citation ci-dessus datant de 1980 plus de 70 ans après les faits..
C'est sûrement grâce à ce prêt qu'il finance la construction, dont le coût a dû rester raisonnable puisque c'est bénévolement que ses "braves condisciples, camarades d'école et de lycée,se mettent à construire l'appareil. "

 

 


Photo 2

Leyat nous précise
«... C'était une machine non seulement bonne girouette autour de OX et OY mais elle présentait une forte courbure de la cellule biplane, donnant au bord d'attaque une forme curviligne à concavité vers le bas, jouant le rôle de V renversé pour assurer le rétablissement de l'équilibre en air très turbulent.
Elle était prévue pour recevoir ensuite l'un des premiers moteurs Esnault-Pelterie et, par conséquent était plus lourde qu'un simple planeur de même surface.
»


Transport de la voilure : des usines Audra à la gare de Die ? [Baradie]


[Doc 084 CG]
"1908-1909 : Il s'agit d'un avion réalisé chez Audra puis assemblé à Mitry. Leyat ne dispose pas de voiture pour faire des essais de treuil. " [Mitry-Mory est une commune française située dans le département de la Seine-et-Marne en région Île-de-France limitrophe du département de la Seine-Saint-Denis. Elle est toute proche, au sud-est, de l'aéroport Charles de Gaulle]

[Gueniffey]

«...
La machine devait être essayée pendant les vacances
[été 1909], remorquée par une forte voiture, car elle était prévue pour recevoir ensuite l'un des premiers moteurs Esnault-Pelterie et, par conséquent était plus lourde qu'un simple planeur de même surface.
Elle fut terminée en temps utile,
fin juillet 1909 ; mais la voiture qui devait la remorquer partit en vacances avec son propriétaire.
Nous perdîmes une année de travail et ... Blériot avait traversé la Manche !
»

Cette dernière phrase appelle quelques commentaires :
- "Nous perdimes une année de travail..." : effectivement, les quelques mois de construction du planeur étaient perdus, et ce n'est qu'un an plus tard, en mai-juin 1910, que Leyat pourra faire des essais à Miramas, avec un aéroplane de sa conception [voir "Le biplan de Miramas"]

"... Blériot avait traversé la Manche !" : Peut-être Leyat a-t-il carressé un temps l'espoir de tenter la traversée de la Manche avec son Aérovolant. Se rendant compte que ce ne serait pas possible : "Depuis j'ai construit un biplan, mais je ne pense pas être prêt avant le mois d'octobre...", il propose à Blériot de piloter son Blériot XI pour cette tentative, dans une lettre en date du 19 juillet 1909 ! [3]

" ...Les résultats obtenus avec ce simulateur sont si encourageants que, élève de 2e année 1908-09, je demande à Louis Blériot de traverser _ Manche à sa place, par lettre ~commandée, car je me sais meilleur pilote et meilleur nageur que Blériot qui n'avait pas obtenu à l'Ecole Centrale les notes suffisantes pour donner droit au diplôme d'Ingénieur des Arts et Manufactures. Trois jours après la réception de la lettre recommandée, le 25 juillet 1909, Louis Blériot traversait la Manche..." [1]


Le planeur preque terminé, [1]
 

Le planeur une fois la nacelle devant supporter le moteur installée []

Marcel Leyat examine le moteur Esnault-Pelterie qu'il envisageait de monter sur le planeur "de Mitry" [Archives Jacques LEyat/André Breyton]

Juillet 1909
L'aventure de l'Aérovolant a tourné court, et l'année scolaire à l'Ecole Centrale est terminée.
Leyat rentre à Die et se lance dans la construction d'un planeur biplan léger qu'il pourra faire voler à la fin du mois d'août.
Voir "Les Aéroplaneurs de Die"

On ignore que qu'il est advenu de l'Aérovolant...
Claude Guéniffey nous dit : "... quelques morceaux de calque en très mauvais état nous restent..." [Doc_084]

Le Journal de Die, 13 mars 1909 [Doc_004]
Doc n° 4 Journal de Die et de la Drôme samedi 13 mars 1909 Chronique de la semaine
« Dernièrement, les journaux de la région mentionnaient la construction d'un aéroplane dans les ateliers de l'usine Audra, d'après les plans d'un jeune ingénieur, notre compatriote M. Marcel Leyat, fils de l'ancien président du Tribunal, qui a laissé dans notre ville de si excellents souvenirs. Cet aéroplane, auquel on met actuellement la dernière main, est un biplan de 7 mètres environ d'envergure. Il diffère des types Wright-Farman par sa forme légèrement incurvée et certaines modifications importantes dans les dimensions des stabilisateurs et le remplacement du gauchissement des ailes par un dispositif très ingénieux. L'appareil planeur monté à l'usine Audra est un chef-d'œuvre de fini et de légèreté ; il va bientôt être expédié à Paris pour recevoir le fuselage et le moteur. Aux premiers beaux jours, sans doute les essais. »

Sources documentaires

[1] "A l'aube de l'aviation : Marcel Leyat" , par Alain-Yves Bergé, Pilote Privé n° 78, juin 1980 (via Christian Ravel) [Doc_110]..
[2] "Chronique de la semaine" , Jouornal de Die et de la Drôme, samedi 13 mars 1909 [Doc_004]..
[3] "Lettre de Leyat à Blériot - 19 juillet 1909" , via Marcel Leyat pionnier de la voiture à hélice, Clément Genty, 2021..


Page créée le 20/03/2024, dernière modification 25/03/2024
Des vieilles toiles aux planeurs modernes © ClaudeL 2003 -